Atrocités au Nord-Est de la R.D. du Congo : deux rapports de l'ONU confirment

31 juillet 2003

Exécutions arbitraires, torture, mutilation, cannibalisme, pillages systématiques, les atrocités perpétrées à l'encontre de la population de l´Ituri, au Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC) sont recensées dans deux rapports de l'ONU rendus publics aujourd'hui.

Le premier de ces deux rapports, qui ont été présentés par le Secrétaire général au Conseil de sécurité, a été établi par la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) qui a envoyé une équipe spéciale pour enquêter sur les actes de violence qui se sont produits à Mambasa entre décembre 2002 et janvier 2003. Au cours de sa mission d´une vingtaine de jours, l´Equipe spéciale a recensé 173 meurtres et exécutions sommaires d´adultes et d´enfants à Mambasa-Komanda et le long des deux axes allant vers Beni.

Dans douze des cas signalés, les tueries ont été suivies d´actes de cannibalisme. Dans certains cas, les agresseurs ont forcé leurs victimes à manger de la chair de membres de leur famille ce qui est assimilé dans le rapport à une politique de torture psychologique et de vengeance à l´égard des deux ethnies victimes de ces actes, les Nande et les Pygmées.

135 enfants ont été victimes d'exécutions sommaires et de sévices sexuels, astreints à des travaux forcés ou séparés de leurs familles selon les informations recueillies par les enquêteurs qui ont relevé que, d'une façon générale, les enfants avaient été pris comme cibles tout autant que les adultes pendant les attaques.

A Drodro, dans la province de l´Ituri, ce sont près de 408 cas d'exécutions sommaires et plus de 80 cas de blessés et mutilés lors de violences commises le 3 avril 2003, selon les informations recensées dans un deuxième rapport établi par le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l´homme à partir d'une enquête réalisée par une équipe spéciale conjointe Haut Commissariat - MONUC.

Selon les informations communiquées à la mission d'enquête qui s'est entretenue avec des rescapés, des survivants, des témoins oculaires et des personnes ayant creusé des fosses communes, la plupart des victimes seraient des femmes et des enfants mineurs dont certains auraient été tués et découpés à la machette et d'autres brûlés vifs.

Les assaillants ont été identifiés par les témoins comme étant des miliciens lendu. Toutefois, de fortes présomptions pèsent également sur les troupes ougandaises qui, même si elles n'ont pas participé directement aux événements du 3 avril 2003, avaient, selon les personnes interrogées, un intérêt stratégique dans l'attaque de Drodro.

En raison de la gravité des atrocités et exactions commises à Bunia récemment, le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l´homme suggère au Conseil de sécurité de considérer la possibilité de l'envoi d'une mission d'enquête internationale chargée de faire pleinement la lumière sur les graves violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire dans l'Ituri ainsi que dans toute la partie orientale du pays.

 

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