La lutte contre les menaces à la sécurité et celle contre la pauvreté ont partie liée, affirme Kofi Annan

30 juillet 2003

La lutte contre la pauvreté et le dénuement, qui elle-même conditionne largement le succès de la lutte contre les menaces à la sécurité mondiale, passe par des échanges commerciaux plus équitables pour les pays pauvres et en développement ainsi que par leur accès à des médicaments génériques bon marché, a déclaré aujourd'hui Kofi Annan lors de sa conférence de presse annuelle à mi-parcours.

« Un des points mis le plus fortement en avant pendant ces deux jours de réunion est que le succès de nos efforts visant à contrecarrer les menaces conventionnelles dépend dans une large mesure des progrès effectués dans la lutte contre la pauvreté et le dénuement », a déclaré Kofi Annan, en se référant aux deux jours de réunion de haut niveau qui a rassemblé, hier et aujourd'hui, au siège de l'ONU à New York une vingtaine de représentants d'organisations régionales.

« Si nous les négligeons, l'histoire ne nous le pardonnera pas », a-t-il affirmé dans ses remarques liminaires, ajoutant que c'était la raison pour laquelle il attachait une telle importance aux discussions commerciales qui en sont à un « stade décisif » avec la réunion ministérielle de Cancun au Mexique, en septembre.

« Les décisions qui y seront prises nous diront s'il va réellement y avoir un cycle de développement, autrement dit si les pays pauvres auront ou non, enfin, la possibilité de sortir de la pauvreté grâce aux échanges commerciaux », a-t-il ajouté.

Pour le Secrétaire général, les défis sont de deux ordres. D'une part, il s'agit de régler la question de la propriété intellectuelle lorsqu'elle affecte la santé publique dans les pays en développement. « Il faut parvenir à un accord qui permette à ces pays en développement qui ne peuvent pas produire eux-même des médicaments génériques bon marché de les importer des pays qui le peuvent », a-t-il fait valoir.

Il faut d'autre part « parvenir à un accord qui permette aux fermiers des pays pauvres d'entrer en compétition sur un pied d'égalité à la fois sur les marchés mondiaux et sur le leur », a déclaré Kofi Annan qui a ajouté qu'ils « ne devraient plus avoir à supporter d'être exclus des marchés des pays riches par des taxes et des quotas protectionnistes. Pas plus qu'ils ne devraient être confrontés chez eux à une compétition inéquitable avec les producteurs fortement subventionnés de ces mêmes pays riches. »

L'Assemblée générale de l'ONU consacrera au VIH/sida, autre menace que « nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer », une journée de session en septembre à laquelle Kofi Annan a convié par courrier tous les chefs d'Etat et de gouvernement, a-t-il indiqué.

« Je suis convaincu que toutes ces crises peuvent être résolues si les peuples et les Etats du monde ont la détermination de s'y employer ensemble en utilisant au mieux l'ONU et les autres institutions multilatérales telles que celles dont les dirigeants se trouvent en ce moment dans nos murs », a déclaré le Secrétaire général.

« Pour autant, nous ne devons pas sous-estimer la gravité et l'urgence de la tâche », a-t-il ajouté.

 

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