Monrovia au bord de la catastrophe, les dirigeants africains cherchent à accélérer l'envoi de troupes au Libéria

23 juillet 2003

Alors que les ministres des Affaires étrangères ouest-africains discutaient hier de la façon d'accélérer le déploiement de troupes au Libéria, dans la capitale, Monrovia, les tirs d'artillerie se poursuivent plongeant toujours plus la ville dans le chaos et suscitant des mises en garde de plus en plus en pressantes sur les risques de catastrophe humanitaire.

Les ministres des Affaires étrangères de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) se sont réunis hier à Dakar pour tenter d'accélérer l'envoi de troupes au Libéria, a indiqué aujourd'hui à New York un porte-parole de l'ONU.

Les dirigeants ouest-africains sont soumis à une pression croissante de la communauté internationale qu'inquiète la poursuite des combats à Monrovia où les conditions de survie de la population se dégradent chaque jour un peu plus. Il y a deux jours, le Secrétaire général de l'ONU leur lançait un appel pressant, ainsi qu'aux autorités américaines, pour qu'une décision soit prise sans plus tarder et « avant qu'il ne soit trop tard ».

« Si les combats ne cessent pas, nous allons assister à l'une des pires catastrophes humanitaires » qu'ait jamais connu la région, a déclaré hier à Freetown, en Sierra Leone, Marc de Bernis, le Coordonnateur humanitaire de l'ONU pour le Libéria. Revenu à Monrovia à la demande expresse du Secrétaire général, il a dû à nouveau être évacué lundi ainsi que tout le personnel international de l'ONU, des membres d'organisations non gouvernementales et des journalistes.

« Plus d'un million de personnes dont plusieurs centaines de personnes déplacées ayant fui les combats qui se déroulent dans d'autres régions du Libéria, essaie de survivre à Monrovia dans des conditions extrêmement difficiles. La nourriture et l'eau se font rare ; des dizaines de milliers de personnes souffrent de malnutrition, on a assisté à des flambées de choléra, de rougeole et de paludisme, les hôpitaux sont submergés et les réserves de sang insuffisantes », a-t-il précisé.

De son côté, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indique aujourd'hui dans un communiqué qu'en dépit de rumeurs sur un cessez-le-feu ordonné par les rebelles, des fusillades et tirs d'artillerie sporadiques se poursuivaient.

“On a pu voir des soldats gouvernementaux tirer au hasard dans les rues de Monrovia sans qu'aucun opposant ne soit en vue” souligne le HCR. Dans les locaux de l'agence, des hommes, des femmes, des enfants dorment à même le sol. Durant les moments d'accalmie, les enfants se mettent à jouer mais dès que les tirs reprennent, ils se jettent sur le sol. « Ce sont des enfants de la guerre, ils savent ce qu'il faut faire », commente l'un des employés cité dans le communiqué.

Ce matin, il n'y avait plus de vivres disponibles dans les locaux de l'agence et la plupart de ceux qui y sont réfugiés n'ont plus l'argent nécessaire pour s'en procurer. « C'est une situation très difficile, une situation désespérée », indique un représentant du HCR qui vient d'être évacué.

image Reportage de la Radio ONU (audio)

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.