Kofi Annan réclame au Conseil de sécurité l'envoi d'une Force multinationale au Libéria

30 juin 2003

La reprise des combats à Monrovia en dépit du cessez-le-feu d'Accra et le risque d'une catastrophe humanitaire « à une échelle encore plus grande que celle de Bunia », en République démocratique du Congo, ont amené le Secrétaire général de l'ONU à adresser un cri d'alarme au Conseil de sécurité et à lui demander d'autoriser de toute urgence l'envoi au Libéria d'une Force multinationale conduite par un Etat membre de l'ONU.

Dans une lettre adressée, samedi dernier à son Président, le Secrétaire général demande au Conseil de sécurité d'autoriser le déploiement au Libéria d'une force multinationale très bien entraînée et bien équipée, conduite par un Etat membre et qui interviendrait au titre du chapitre VII de la Charte des Nations Unies.

« Si la situation nous échappe totalement, les conséquences peuvent être terribles, non seulement pour le Libéria mais pour les pays voisins, la Sierra Leone et la Côte d'Ivoire », a prévenu Kofi Annan.

Regrettant d'avoir à prendre une telle initiative pour la seconde fois en l'espace de quelques mois, la précédente concernant l'envoi d'une force similaire en République démocratique du Congo (RDC), Kofi Annan décrit, à l'appui de sa requête, la situation à Monrovia où « des centaines de civils innocents ont été tuées » et « une destruction aveugle des biens et un pillage généralisé » sont signalés.

« Approximativement un tiers de la population, un million de personnes environ, cherche refuge dans la ville déjà surpeuplée de Monrovia où les services humanitaires et de santé ont atteint leurs limites. Pratiquement toutes les opérations internationales de secours ont cessé dans la capitale et dans la quasi-totalité du pays. » Une catastrophe humanitaire « pourrait se produire à une échelle encore plus grande que celle de Bunia en République démocratique du Congo », prévient le Secrétaire général.

Il a également lancé un appel aux chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour qu'ils fassent pression pour que le cessez-le-feu soit strictement respecté et qu'ils intensifient leurs efforts en faveur d'un règlement politique global.

 

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