La Mission du Conseil souhaite que soit mis fin à l'impunité au R.D. du Congo et au Burundi

23 juin 2003

La Mission du Conseil de sécurité en Afrique centrale souhaite que des mesures soient prises contre l'impunité aussi bien au Burundi qu'en République démocratique du Congo (RDC), indique-t-elle dans son compte-rendu de la visite qu'elle vient d'effectuer en Afrique centrale. Elle se dit préoccupée par ce qui pourrait se passer après le retrait de la Force multinationale intérimaire en Ituri et estime que la tenue d'une Conférence internationale pourrait à terme aider à régler les problèmes de paix et de sécurité dans la région.

La Mission du Conseil de sécurité s'indigne, dans son rapport rendu public aujourd'hui, des « violations flagrantes et généralisées des droits fondamentaux qui ont accompagné les combats dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) » et en énumère la liste : «meurtres, viols, destruction de biens, déplacement à grande échelle de civils chassés de leurs foyers, utilisation d'enfants soldats, exploitation illégale de ressources naturelles, voire, selon certaines informations, cannibalisme.”

« L'impunité endémique aussi bien dans l'Ituri que dans le reste de la République démocratique du Congo (RDC) ne devrait plus être tolérée », indique le rapport de la Mission du Conseil. Elle précise également son intention de « donner suite » aux informations qu'elle a collectées et recommande au Conseil de réfléchir aux moyens d'y mettre fin.

De même, en ce qui concerne le Burundi, la Mission estime nécessaire que le Conseil de sécurité accorde « une attention urgente à l'objectif de mettre fin à l'impunité au Burundi » et examine attentivement la demande du Gouvernement concernant la création d'une commission judiciaire internationale d'enquête, qui est prévue dans l'Accord d'Arusha. »

De sa visite à Bunia, la Mission a retiré la conviction que « la population en détresse mérite toute l'assistance que l'aide internationale peut lui apporter et indique sa préoccupation à l'égard du « calme fragile » qui y règne et de « la possibilité d'une poursuite des combats, de catastrophes humanitaires et de violations des droits de l'homme lorsque les mesures d'urgence actuellement en vigueur arriveront à expiration le 1er septembre. »

Elle estime qu'il faut démilitariser la ville, et évoque différentes propositions de ses membres ou d'interlocuteurs qui ont notamment estimé que la MONUC devrait avoir au moins le même mandat et les mêmes moyens que la Force multinationale intérimaire une fois que celle-ci se sera retirée d'Ituri.

La mission qui se dit « frappée » dans son rapport « par la dignité et la volonté résolue » des deux principaux responsables de l'administration intérimaire de l'Ituri, Pétronille Vaweka et Emmanuel Leku Apuobo, pense qu'il faut progressivement qu'elle étende son autorité à l'ensemble de l'Ituri « dans des conditions de sécurité. »

La mission qui s'était rendue au Burundi pour manifester « l'appui du Conseil à la deuxième phase de la transition politique », se dit préoccupée dans le rapport par la lenteur des négociations entre le gouvernement et le FDD (Front de Défense de la Démocratie) et les FNL (Forces de libération nationale). Elle a demandé aux groupes rebelles de cesser les hostilités et de rejoindre le processus d'Arusha.

Soulignant une détérioration alarmante de la situation humanitaire et reconnaissant que « la paix devrait entraîner des dividendes », elle recommande que le Conseil prie instamment les pays donateurs d'assumer les engagements qu'ils ont pris lors des conférences de Paris et de Genève.

Concernant la perspective d'une Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, le rapport note que, « convenablement conçue, la conférence pourrait aider à examiner et régler les questions de la paix et de la sécurité à long terme, une fois que le processus de paix en République démocratique du Congo et au Burundi aurait suffisamment progressé. »

 

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