La Guinée-Bissau « sur la mauvaise pente », signale Kofi Annan

13 juin 2003

Contrairement aux attentes, la situation s'est détériorée en Guinée, signale le Secrétaire général qui engage ses dirigeants à remettre sur les rails le processus de consolidation de la paix et de relèvement du pays.

Contrairement aux attentes la situation s'est détériorée en Guinée, signale le Secrétaire général qui engage ses dirigeants à remettre sur les rails le processus de consolidation de la paix et de relèvement du pays.

« Le pays, dont l'avenir semblait si prometteur après la cessation du conflit armé de 1998-1999 et la tenue d'élections générales libres et régulières, est de nouveau engagé sur la mauvaise pente », souligne le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la situation en Guinée-Bissau et les activités du Bureau d'appui des Nations Unies qui y est établi.

« À l'absence de progrès dans les domaines constitutionnel et électoral correspond une détérioration générale du climat politique », est-il indiqué. «Les dirigeants de l'opposition ont continué d'accuser le Gouvernement d'imposer des restrictions aux médias indépendants, de laisser les agents de la sécurité harceler les opposants politiques, d'interdire à des personnalités éminentes de voyager et de limiter l'accès des partis politiques aux médias. Les tensions ont été portées à leur paroxysme lorsque le Ministre de la défense destitué a été arrêté le 30 avril 2003 pour subir un interrogatoire au sujet d'une prétendue tentative de coup d'État. »

Le rapport souligne également la détérioration de la situation socioéconomique qui aggrave les tensions politiques. Alors que les arriérés de salaires dus par le Gouvernement se chiffrent à environ 11 millions de dollars, le Gouvernement a été contraint de rémunérer certaines catégories de personnel avec des sacs de riz.

« Les élections législatives, prévues maintenant le 6 juillet 2003, devraient être un moment de vérité », est-il indiqué. L'ONU qui apporte actuellement une assistance technique pourrait revoir sa position si elle déterminait que les conditions en Guinée-Bissau ne sont pas favorables à des élections libres, régulières et crédibles. Le Secrétaire général indique avoir décidé d'envoyer une autre mission électorale dans le pays afin d'y examiner la situation.

« Les responsables élus du pays ont la responsabilité sacrée de placer les besoins de la population au-dessus de toute autre considération et de créer les conditions essentielles à la gouvernance démocratique, à la paix et à la stabilité », affirme Kofi Annan qui demande aux dirigeants du pays de redoubler d'efforts pour redresser la situation.

 

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