L'insécurité plus que jamais le problème prioritaire en Iraq selon les responsables humanitaires de l'ONU

L'insécurité plus que jamais le problème prioritaire en Iraq selon les responsables humanitaires de l'ONU

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Les responsables au plus haut niveau de l'ONU ont décrit aux membres du Conseil les effets négatifs de l'insécurité en Iraq laquelle affecte aussi bien le rétablissement de services essentiels pour la population que les activités d'aide humanitaire de l'ONU.

"Une crise humanitaire a jusqu'à présent pu être évitée", a déclaré la vice-Secrétaire générale de l'ONU lors d'une séance publique du Conseil de sécurité, aujourd'hui. "Mais la population civile et les enfants en particulier restent menacés, surtout si la situation ne s'améliore pas au plan de la sécurité".

Evoquant le travail des agences de l'ONU qui, un peu partout dans le pays, apportent des vivres, de l'eau, des médicaments et d'autres produits de première urgence, aident à réparer les installations de traitement des eaux, les équipements sanitaires, les réseaux électriques, qui apportent des secours aux populations déplacées à l'intérieur de l'Iraq et aux enfants, elle a tout particulièrement rendu hommage "au courage et au dévouement des 3 400 employés locaux qui ont continué à apporter leur aide tout au long du conflit".

Les intervenants qui lui ont succédé, ont tous souligné l'importance du problème de l'insécurité qui, selon Mark Malloch Brown, l'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), "crée un environnement extrêmement difficile dans le pays, et tout particulièrement à Bagdad où l'évaluation des besoins humanitaires et les livraisons sont, de son fait, sérieusement entravées".

Pour le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), James T. Morris, préoccupé lui aussi par la précarité de la situation, "il n'y a pas de risque de famine sérieuse en Iraq et pas de crise alimentaire en cours". Il a indiqué que l'agence alimentaire de l'ONU, qui a déjà livré 200 000 tonnes de vivres jusqu'à ce jour, s'apprêtait à lancer, le 1er juin, la plus grande opération humanitaire jamais tentée. "Notre objectif est de distribuer pendant cinq mois à travers le réseau de distribution existant, 480 000 tonnes de nourriture à 27 millions d'Iraquiens", a-t-il déclaré.

Outre les difficultés posées par l'insécurité, un directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), David Nabbaro, a également souligné que "le manque total de liquidités ne permettait pas de financer les coûts de fonctionnement, de payer le personnel le plus indispensable et limitait, par conséquent, la capacité des institutions à fournir des services essentiels".

La priorité absolue aux yeux d'un des directeurs de l'Agence de l'ONU pour les enfants (UNICEF), Nils Kastberg, est également le rétablissement de l'ordre et de l'état de droit mais le retour des enfants à l'école et la fourniture de soins de santé aux femmes et aux enfants viennent immédiatement après, a-t-il indiqué.