Le Conseil de sécurité satisfait du consensus retrouvé mais, pour certains de ses membres, la question du désarmement reste posée

22 mai 2003

Après l'adoption de la résolution sur l'Iraq, ce matin, de nombreux membres du Conseil de sécurité se sont félicités de l'unité retrouvée au sein du Conseil. La France, le Royaume Uni, l'Allemagne, la Russie et le Pakistan ont pour leur part souligné que la question des inspecteurs de l'ONU chargés de vérifier le désarmement de l'Iraq et dont le mandat n'a été que suspendu lors des opérations militaires en Iraq, pourrait ou devrait être réexaminée.

Pour John Negroponte, l'ambassadeur des Etats-Unis, qui s'exprimait après l'adoption de la résolution, "la levée des sanctions est un événement historique pour l'Iraq". "Chaque jour passé à négocier retardait d'autant les perspectives de reconstruction en Iraq où le peuple manque de tout, où les files d'attentes pour obtenir de l'essence sont le lot quotidien des Bagdadis", a-t-il déclaré, ajoutant que les Etats-Unis soumettront un rapport tous les trois mois au Conseil de sécurité sur les avancées du processus de redressement en Iraq.

L'ambassadeur de la France, Jean-Marc de la Sablière a pour sa part, estimé que la résolution adoptée "n'était pas parfaite malgré certaines modifications importantes mais qu'elle offrait un cadre crédible à la communauté internationale pour apporter une assistance au peuple iraquien. L'implication forte et indépendante des Nations Unies est une garantie de son acceptation par l'ensemble de la communauté internationale et de son appropriation par le peuple iraquien."

"La question du désarmement devra être, à terme, authentifiée par les inspecteurs de la CCVINU", a-t-il déclaré. La question du rôle de la CCVINU a également été abordée par Jeremy Greenstock, l'ambassadeur du Royaume-Uni qui a déclaré qu'elle « pourrait être définie dans un texte qui sera prochainement négocié". M. Greenstock a salué par ailleurs "le retour du consensus au sein de l'ONU".

L'ambassadeur de l'Allemagne, Gunter Pleuger, et l'ambassadeur de la Fédération de Russie ont l'un et l'autre estimé que la résolution était un compromis qui, pour M. Pleuger, ne "satisfaisait pas forcément les souhaits de toutes les parties". Quant à M. Lavrov, il a indiqué que "tous les membres du Conseil avaient compris que le règlement légitime de la question iraquienne ne pouvait se faire que dans le cadre des Nations Unies".

Inocencio F. Aria, l'ambassadeur de l'Espagne a, pour sa part, salué le réalisme dont a fait preuve "en fin de parcours" le Conseil de sécurité.

Wang Yingfan, le représentant de la Chine a rappelé que son pays avait toujours défendu l'idée que les Nations Unies devaient avoir un rôle clé dans la reconstruction de l'Iraq et qu'il avait apporté certains amendements au texte dans ce sens.

Quant à l'ambassadeur du Pakistan, Munir Akram, il a indiqué avoir soutenu, "compte tenu des circonstances, le transfert de certaines compétences aux puissances occupantes" mais, a-t-il ajouté, "ces pouvoirs ne sont pas illimités ni indéterminés et doivent être conformes aux principes de la Charte des Nations Unies et des Conventions de Genève". Il a souhaité par ailleurs que les questions en suspens, notamment celle des prisonniers de guerre, trouvent une solution dans les prochains mois.

Le Secrétaire général de l'ONU ainsi que tous les membres du Conseil ont pris la parole au cours de cette séance à l'exception de la Syrie qui n'était pas représentée.

 

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