Une seule dose de vaccin contre le papillomavirus protège contre le cancer du col de l’utérus

Une jeune fille tient un morceau de coton contre son bras après avoir reçu le vaccin contre le papillomavirus (HPV) dans le district de Lira, en Ouganda.
© UNICEF/Stuart Tibaweswa
Une jeune fille tient un morceau de coton contre son bras après avoir reçu le vaccin contre le papillomavirus (HPV) dans le district de Lira, en Ouganda.

Une seule dose de vaccin contre le papillomavirus protège contre le cancer du col de l’utérus

Santé

Après une recommandation émise en avril dernier par des experts, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé, mercredi, qu’un vaccin à dose unique contre le papillomavirus humain (VPH) confère déjà une « solide protection » contre le cancer du col de l’utérus, le quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes.

Dans un nouveau document de synthèse publié la semaine dernière, l’OMS a mis à jour ses recommandations. Le document indique qu’un calendrier à dose unique, appelé calendrier alternatif à dose unique non homologué, peut offrir une efficacité et une durabilité de la protection comparables à celles d’un régime à deux doses.

Selon l’agence sanitaire mondiale de l’ONU, l’optimisation du calendrier de vaccination contre le VPH devrait améliorer l’accès au vaccin. Cela devrait offrir aux pays la possibilité d’augmenter le nombre de filles pouvant être vaccinées.

L’OMS recommande désormais un dispositif à une ou deux doses pour les filles âgées de 9 à 14 ans. Un schéma à une ou deux doses est également préconisé pour les filles et les femmes âgées de 15 à 20 ans. Pour les femmes de plus de 21 ans, deux doses sont recommandées avec un intervalle de 6 mois.

Une baisse de la couverture vaccinale entre 2019 et 2021

Cette nouvelle recommandation permettrait aussi d’alléger la charge « du suivi souvent compliqué et coûteux nécessaire » pour compléter la série de vaccinations. Avec cette mise à jour, l’OMS espère que les pays renforcent leurs programmes de vaccination contre le VPH, en inversant le déclin de la couverture vaccinale. 

La recommandation d’un schéma de vaccination à dose unique contre le VPH a été initialement formulée en avril dernier par le Groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE) sur la vaccination de l’OMS. Cette prise de position arrive à point nommé dans un contexte de « déclin très préoccupant de la couverture vaccinale contre le VPH ».

Entre 2019 et 2021, la couverture de la première dose de la vaccination contre le VPH a chuté de 25 % à 15 %. Cela signifie que 3,5 millions de filles supplémentaires ont manqué la vaccination en 2021 par rapport à 2019.

Le document de synthèse souligne l’importance de vacciner en priorité les personnes immunodéprimées ou vivant avec le VIH.  Les personnes immunodéprimées doivent recevoir au minimum deux doses et si possible trois doses.

Une adolescente âgée de 14 ans est vaccinée contre le papillomavirus humain (PVH) en Mauritanie.
© UNICEF/Raphael Pouget
Une adolescente âgée de 14 ans est vaccinée contre le papillomavirus humain (PVH) en Mauritanie.

Le cancer du col de l’utérus est le quatrième le plus fréquent chez les femmes

La cible primaire de la vaccination est constituée par les filles âgées de 9 à 14 ans, avant le début de l’activité sexuelle.  La vaccination de cibles secondaires telles que les garçons et les femmes plus âgées est recommandée lorsque cela est possible et abordable.

Le cancer du col de l’utérus est le quatrième type de cancer le plus fréquent chez les femmes, et plus de 95 % des cancers du col de l’utérus sont causés par le VPH transmis sexuellement. Deux types de papillomavirus humain (les types 16 et 18) provoquent près de 50 % des lésions précancéreuses de haut grade du col de l’utérus.

Ce cancer du col de l’utérus peut être guéri s’il est diagnostiqué à un stade précoce et traité rapidement. Pour lutter contre le cancer du col de l’utérus de manière globale, l’OMS préconise de mettre en place une prévention primaire (vaccination contre le PVH), une prévention secondaire (dépistage et traitement des lésions précancéreuses), une prévention tertiaire (diagnostic et traitement du cancer du col de l’utérus invasif) et des soins palliatifs.