La santé accuse un recul au niveau mondial, marqué par la permanence des inégalités entre pays

Un agent de santé prépare un vaccin Covid-19 dans un hôpital de Mogadiscio, en Somalie.
Photo : UNICEF/Ismail Taxta
Un agent de santé prépare un vaccin Covid-19 dans un hôpital de Mogadiscio, en Somalie.

La santé accuse un recul au niveau mondial, marqué par la permanence des inégalités entre pays

Santé

L’état de santé des femmes et des enfants se détériore à l’échelle mondiale, révèle un nouveau rapport des Nations Unies. Une situation due aux effets conjugués des conflits, de la pandémie de Covid-19, des changements climatiques et à leurs conséquences dévastatrices sur les perspectives d’avenir des enfants, des jeunes et des femmes.

Près de trois ans après le début de la pandémie de Covid-19, « la probabilité que les femmes, les enfants et les adolescents puissent mener une vie saine et productive s’est considérablement réduite », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en présentant un rapport dont tous les clignotants mondiaux sont au rouge, marquant un recul majeur dans la majorité des indicateurs clés des objectifs de développement durable.

En 2021, on dénombrait 25 millions d’enfants non vaccinés ou sous vaccinés, soit 6 millions de plus qu’en 2019. Ils présentaient ainsi un risque accru de contracter des maladies mortelles ou invalidantes.

Dans 104 pays, 80% des jeunes élèves ont subi une perte d’apprentissage en raison de la fermeture des écoles, et plus de 10 millions ont perdu un parent qui s’occupait d’eux des suites de la Covid-19. Cette même année, plus de 89 millions de personnes ont dû fuir leur domicile en raison de la guerre ou à cause de persécutions.

Combler les inégalités qui sont au cœur des crises mondiales

« Notre incapacité à tenir nos promesses est due au fait que nous ne parvenons pas à combler les inégalités qui sont au cœur des crises mondiales, qu’il s’agisse de la pandémie, des conflits ou de l’urgence climatique », a constaté António Guterres, le Secrétaire général de l’ONU.

Et certes, les chiffres confirment d’abord une implacable injustice géographique. Un enfant né dans un pays à faible revenu a une espérance de vie moyenne de 63 ans, contre 80 ans dans un pays développé, un terrible écart de 17 ans qui a peu évolué au cours des dernières années. En 2020, cinq millions d’enfants sont morts avant l’âge de 5 ans, principalement de causes évitables ou traitables.

En 2020 encore, 149 millions d’enfants - un nombre colossal - présentaient un retard de croissance, conséquence fréquente de la malnutrition aigüe. Près des trois quarts d’entre eux vivent dans des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. L’Afrique est la seule région où le nombre d’enfants victimes de cette pathologie a augmenté au cours des 20 dernières années, passant de 54,4 millions en 2000 à 61,4 millions en 2020.

L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud concentrent à elles seules les taux les plus élevés de mortalité chez les mères, les enfants et les adolescents, ainsi que de mortinatalité. En Afrique subsaharienne, une femme a près de 130 fois plus de risques de mourir des suites d’une grossesse ou d’un accouchement qu’en Europe ou en Amérique du Nord.

Des mères déplacées avec leurs enfants participent à un exercice d'évaluation de la famine organisé par le PAM dans l'État de Borno, au nord-est du Nigeria.
WFP/Arete/Siegfried Modola
Des mères déplacées avec leurs enfants participent à un exercice d'évaluation de la famine organisé par le PAM dans l'État de Borno, au nord-est du Nigeria.

Les graves conséquences des déplacement forcés de population

Enfin, les déplacements forcés de population, dus aux conflits, à la violence aux persécutions ou aux violations des droits humains ont alourdi le bilan humanitaire de ces trois dernières années. En 2021, 89,3 millions de personnes, un record, ont dû fuir leurs domiciles, et les six pays qui ont connu les plus intenses déplacements internes de population, (l’Afghanistan, l’Éthiopie, la République arabe syrienne, la République démocratique du Congo, le Soudan et le Yémen) comptent aussi parmi les premiers touchés par l’insécurité alimentaire et par les pathologies physiques et mentales.

Intitulé Protect the Promise (Tenir nos promesses), le rapport est publié par plusieurs partenaires mondiaux, dont l’OMS, l’UNICEF, l’UNFPA, le Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant et l’initiative Compte à rebours vers 2030.

Attaques politiques contre les droits fondamentaux à la santé et aux soins reproductifs

Ce rapport déplore aussi les attaques de nature politique visant la santé et les droits reproductifs dans de nombreux pays.

« Des femmes, des enfants et des adolescents sont aujourd’hui privés de la plupart des protections, et des droits fondamentaux comme l’accès aux soins et à la contraception dont ils jouissaient il y a encore dix ans, et de nombreux autres ne bénéficient toujours pas des progrès dont ils ont besoin », a déclaré la Dr Natalia Kanem, Directrice exécutive de l’UNFPA.

Pour sa part Helen Clark, Présidente du Conseil d’administration du Partenariat mondial pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant et ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande, a rappelé l’objectif prioritaire de ce rapport : « Il plaide pour que les pays continuent d’investir dans les services de santé, dans tous les contextes de crise, et réinventent les systèmes de santé afin que chaque femme, chaque enfant et chaque adolescent puisse réellement en bénéficier. Quels qu’ils soient et où qu’ils vivent ».