Yémen : l'ONU s'efforce d'obtenir une prolongation de la trêve au-delà du 2 août

Une fillette yéménite avec son jeune frère qu'elle aide pour ses cours de mathématiques.
© UNICEF/Areej Alghabri
Une fillette yéménite avec son jeune frère qu'elle aide pour ses cours de mathématiques.

Yémen : l'ONU s'efforce d'obtenir une prolongation de la trêve au-delà du 2 août

Paix et sécurité

Les Nations unies poursuivent leurs efforts pour pousser les belligérants au Yémen à prolonger la trêve négociée en avril dernier. L’Envoyé spécial des Nations Unies, Hans Grundberg, a intensifié ses engagements avec les parties pour soutenir la mise en œuvre de tous les éléments de la trêve, et pour explorer les possibilités d’une trêve élargie et prolongée au-delà du 2 août.

« Une trêve étendue et prolongée augmentera les avantages pour le peuple yéménite », a déclaré dans un communiqué Hans Grundberg.

Pour l’ONU, la priorité est d’entamer « des discussions sérieuses sur les priorités économiques et sur les priorités en matière de sécurité, y compris un cessez-le-feu ». « L’objectif est de parvenir à un règlement politique qui mette fin au conflit de manière globale » dans ce pays de la péninsule arabique, a ajouté M. Grundberg.

Le conflit opposant le gouvernement yéménite, soutenu par une coalition menée par l’Arabie saoudite, et les rebelles houthis, proches de l’Iran, a fait des milliers de morts depuis 2015. Depuis le 2 avril, une trêve arrachée par l’ONU, et relativement respectée, a permis un arrêt des hostilités et des mesures destinées à alléger les conditions de vie de la population, confrontée à l’une des pires crises humanitaire au monde.

Hans Grundberg, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, devant le Conseil de sécurité.
Photo ONU/Eskinder Debebe
Hans Grundberg, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, devant le Conseil de sécurité.

Des propositions visant à ouvrir des routes à Taïz et dans d’autres gouvernorats

La trêve a largement tenu pendant près de quatre mois, marquant la plus longue période de calme relatif depuis plus de sept ans et « une baisse significative » du nombre de victimes civiles. Les deux parties ont néanmoins fait part de leurs préoccupations concernant « des violations et des incidents présumés sur plusieurs lignes de front ».

L’ONU indique prendre « très au sérieux les rapports d’escalade militaire, en particulier lorsqu’ils impliquent des victimes civiles ». « Mon bureau travaille par le biais du Comité de coordination militaire pour faciliter le dialogue et soutenir la désescalade. J’espère que les parties poursuivront leur travail dans le cadre du comité et établiront la salle de coordination conjointe afin de traiter les incidents en temps utile », a précisé le médiateur de l’ONU.

Si la trêve a apporté un certain répit, le blocage des routes reste toutefois un enjeu humanitaire « majeur », avait aussi alerté hier mercredi le Coordinateur humanitaire adjoint pour le pays à l’ONU, Diego Zorrilla.

Et au début des présentes négociations, les deux parties ont présenté des propositions visant à ouvrir des routes à Taïz et dans d’autres gouvernorats, « un signe positif de leur volonté de s’engager dans les pourparlers ». La dernière proposition des Nations Unies comprenait trois routes proposées par Ansar Allah (Houthis) et une autre défendue par la société civile. Le gouvernement a accepté cette proposition, mais Ansar Allah ne l’a pas fait.

24 navires de transport de carburant ont pu entrer dans le port de Hodeïda lors de la trêve

Récemment, les parties ont également annoncé leur intention d’ouvrir certaines routes de manière unilatérale. Mais pour l’ONU, les actions unilatérales ne suffisent pas à garantir un passage sûr et durable des civils le long des routes qui traversent les lignes de front. « Les parties doivent négocier, se coordonner et communiquer entre elles », a affirmé M. Grundberg, relevant que l’ouverture, en toute sécurité, des routes clés à Taïz et dans d’autres gouvernorats, restait une priorité.

Du 2 avril à ce jour, 24 des 36 navires de transport de carburant ont reçu l’autorisation d’entrer dans le port de Hodeïda au cours de la période de trêve de quatre mois, transportant plus de 660.000 tonnes de dérivés de carburant. Sur l’ensemble de l’année 2021, 23 navires transportant moins de 470.000 tonnes sont entrés dans le port de Hodeïda.

Alors que les prix mondiaux du carburant sont en hausse, l’ONU estime qu’il est plus important que jamais d’assurer un flux fluide de carburant pour soutenir les services essentiels. « Un renouvellement de la trêve verrait l’entrée régulière et en temps voulu de navires de carburant », a conclu M. Grundberg, insistant sur l’importance d’une trêve, qui a « transformé le Yémen et fait une différence tangible dans la vie des populations yéménites ».