Guterres salue le rôle de pivot du Conseil des droits de l’homme dans le combat pour la promotion des droits humains

La salle du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies (photo d'archives).
Photo ONU/Jean-Marc Ferré
La salle du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies (photo d'archives).

Guterres salue le rôle de pivot du Conseil des droits de l’homme dans le combat pour la promotion des droits humains

Droits de l'homme

Le Conseil des droits de l’homme est le pivot du dialogue et de la coopération internationale pour faire progresser tous les droits humains, a indiqué mercredi le chef de l’ONU lors d’un panel de haut niveau à l’occasion de la 50e session de l’organe onusien.

Alors que la planète est en péril, le monde a aujourd’hui plus que jamais besoin « d’un système multilatéral plus fort, ancré dans les droits de l’homme dans toute leur diversité et leur universalité ». « Le Conseil reste l’une des forces motrices du programme commun », et il jouera naturellement un rôle essentiel pour en faire une réalité, a dit dans une déclaration vidéo, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Le chef de l’ONU compte sur les Etats membres pour « agir avec ambition ». D’autant que « notre monde est en péril, qu’il s’agisse de conflits généralisés - notamment la guerre en Ukraine dans toutes ses dimensions -, de l’aggravation des divisions, de l’érosion de la confiance, de l’escalade des inégalités, de l’augmentation des besoins humanitaires ou de l’aggravation constante de la crise climatique ».

Le Conseil, ce sont l’Examen périodique universel, les procédures spéciales ou les sessions spéciales

Selon le Secrétaire général, Genève a ainsi un rôle à jouer dans « la protection de l’espace civique et la promotion de la bonne gouvernance, la promotion de l’égalité des sexes, la lutte contre les discriminations raciales et autres ». Le Conseil des droits de l’homme est aussi au premier rang dans la lutte contre le changement climatique, les objectifs de développement durable, l’alerte précoce et la prévention des conflits.

Au rang des acquis, le Conseil s’est illustré par son universalité avec l’Examen périodique universel, qui a présenté, pour la première fois, une image de l’état des droits de l’homme dans le monde. Les procédures spéciales ont considérablement approfondi la compréhension de l’ensemble des préoccupations en matière de droits de l’homme, qu’il s’agisse des droits civils, culturels, économiques, politiques ou sociaux.

Mais ce sont surtout les sessions spéciales qui ont permis de tirer « la sonnette d’alarme pour attirer l’attention du monde entier sur des situations qui se détériorent et exigent des réponses urgentes ». C’est le cas aussi des commissions d’enquête qui ont contribué à « maintenir l’impératif de responsabilité et à faire en sorte que même les crises les plus longues restent dans la ligne de mire ».

Michelle Bachelet (à gauche), la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, avec Katharina Stasch, Vice-Présidente du Conseil des droits de l'homme, lors de la 50e session du Conseil des droits de l'homme.
Photo ONU/Jean Marc Ferré
Michelle Bachelet (à gauche), la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, avec Katharina Stasch, Vice-Présidente du Conseil des droits de l'homme, lors de la 50e session du Conseil des droits de l'homme.

Guterres salue le « dévouement et la détermination » de Michelle Bachelet

Plus globalement, le Conseil des droits de l’homme a amplifié les voix de la société civile - l’épine dorsale de l’action en faveur des droits de l’homme. « Vos résolutions à Genève ont souvent catalysé les débats au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale à New York, renforçant ainsi les liens entre la paix et la sécurité, le développement et les droits de l’homme », a fait remarquer M. Guterres.

Une façon pour le chef de l’ONU d’appeler au renforcement des liens et des synergies entre Genève et New York. Cela permettra ainsi à « veiller à ce que les droits de l’homme soient reconnus comme essentiels à la résolution de nos problèmes les plus urgents, comme indiqué dans l’Appel à l’action pour les droits de l’homme ».

M. Guterres en a profité pour « exprimer sa profonde gratitude à Michelle Bachelet pour sa vie de service désintéressé dans la défense des droits de l’homme pour tous et partout ». « Dans un contexte politique extrêmement difficile, elle (Mme Bachelet) s’est levée et a pris la parole pour donner une voix aux sans-voix », a conclu M. Guterres la remerciant pour son « dévouement et sa détermination », et pour avoir toujours veillé à ce que « les droits de l’homme restent à leur place : au centre même du travail » de l’ONU.

50 sessions ordinaires, 34 sessions extra, 6 débats d’urgence et l’adoption de plus de 1.300 résolutions

Le Conseil a été créé par l’Assemblée générale des Nations Unies le 15 mars 2006 grâce à la résolution 60/251. Sa première session a eu lieu du 19 au 30 juin 2006 à Genève. En seize ans seulement, le Conseil est devenu un forum qui aborde pratiquement toutes les questions relatives aux droits de l’homme par le biais d’un dialogue ouvert, honnête et transparent.

Les activités de l’organe basé à Genève ont augmenté de manière exponentielle. Le Conseil en est à sa 50e session ordinaire, mais a aussi tenu 34 sessions extraordinaires et sept débats d’urgence. Il a adopté 1.372 résolutions.

Dans le même temps, les 193 États membres ont volontairement participé à trois cycles de l’examen périodique universel (EPU). Ce qui en fait le meilleur point d’entrée possible pour l’examen des droits de l’homme dans le monde.

« Tous les pays - qu’ils soient petits ou grands, ou économiquement forts ou faibles - reçoivent le même niveau d’attention et d’examen », a d’ailleurs admis la cheffe des droits de l’homme de l’ONU, relevant que l’EPU reste « un mécanisme puissant et irremplaçable ». « Plus que jamais, le travail de ce Conseil est essentiel. Et il est urgent.  C’est un privilège de le soutenir et d’en faire partie. L’importance du Conseil dans l’architecture des Nations Unies est évidente », a insisté la Haute-Commissaire Michelle Bachelet.

Poursuivre le travail de ce solide héritage du Conseil

Détaillant les contours des travaux de l’organe genevois, l’ancienne Présidente chilienne a tenté de montrer son universalité surtout face aux critiques « d’un nombre croissant de personnes qui estiment que ces discussions sont stériles ». « Bien trop souvent, les commentateurs se demandent si le Conseil doit concentrer son attention sur des régions du monde spécifiques, ou sur les droits civils et politiques plutôt que sur les droits économiques, sociaux et culturels, ou vice versa », a pousuivi Mme Bachelet.

Or par leur nature même, les droits de l’homme sont universels. Pour la cheffe des droits de l’homme de l’ONU, aucune violation des droits de l’homme ne doit être laissée de côté. Et toutes les situations examinées par les mécanismes des droits de l’homme ou le Conseil doivent mériter l’attention de la communauté internationale.

Il s’agit de « rester pertinent dans un monde en constante évolution ». Cette pertinence passe le traitement égal de toutes les questions, qu’il s’agisse de l’égalité des sexes, de l’impact des nouvelles technologies sur les droits de l’homme, de la lutte contre la corruption, du droit à l’alimentation ou aux soins de santé, ou des problèmes auxquels sont confrontés les enfants migrants non accompagnés. Pour l’ONU, la responsabilité de la communauté internationale est de prendre le temps d’examiner ces questions avec urgence et efficacité.

Plus largement, il s’agit de poursuivre le « puissant héritage » d’un organe qui a joué « un rôle essentiel dans la réponse et la prévention de nouvelles violations des droits de l’homme dans le monde ».