Deux femmes assisent sur des lits de fortune dans une cave en Ukraine.

Les agences humanitaires onusiennes sont venues en aide à 900.000 personnes en Ukraine

© UNICEF/Viktor Moskaliuk
Deux femmes assisent sur des lits de fortune dans une cave en Ukraine.

Les agences humanitaires onusiennes sont venues en aide à 900.000 personnes en Ukraine

Aide humanitaire

Les agences humanitaires de l’ONU ont réussi à venir en aide à 900.000 personnes en Ukraine jusqu’à présent, ont annoncé mardi les Nations Unies, exhortant toutefois les parties belligérantes à sécuriser le passage des travailleurs et des convois humanitaires.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les agences humanitaires des Nations Unies et leurs partenaires ont fourni une aide composée principalement de nourriture, d'abris, d’eau et de fournitures d’hygiène. Et dans cette course contre la montre, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) intensifie ses efforts pour atteindre 1,2 million de personnes d’ici la mi-avril.

Pour cette aide acheminée dans l’est ou le nord-est, il s’agit également des fournitures médicales permettant de soigner 10.000 patients en soins de santé primaires pendant trois mois, et des fournitures pour traiter les patients traumatisés.

« C’est bien, mais c’est loin d’être suffisant », a déclaré lors d’un point de presse, Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Les agences humanitaires onusiennes continuent d’intensifier leurs opérations de secours, mais les belligérants sont invités à sécuriser les passages. « Nous ne pouvons pas acheminer l’aide lorsque les bombardements se poursuivent et que les routes sont minées », a ajouté le porte-parole d’OCHA.

Le défi d’un accès sécurisé pour les agences humanitaires

Les Nations Unies comptent donc sur la coopération continue de toutes les parties pour protéger les civils ainsi que les fournitures et le personnel humanitaires. A ce sujet, elles s’appuient également sur « le système de notification humanitaire » avec l’Ukraine et la Fédération de Russie, facilité par l’OCHA, pour garantir un accès sûr.

Le défi de l’accès est également l’une des priorités de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). « En tête de liste des urgences », la situation à Marioupol où il y a un besoin urgent d’accès, non seulement pour évacuer les personnes qui veulent quitter la ville, mais aussi pour faire entrer des biens essentiels.

« Les habitants de la ville vivent dans des conditions inacceptables, sans électricité ni eau courante, et manquent de nourriture, d’eau et d’articles de base », a affirmé lors d’un point de presse, Francesco Rocca, Président de la FICR. « Une collègue nous a dit que ses parents étaient à Marioupol, et qu’elle n’a reçu aucune information pendant plusieurs jours ».

Cette urgence humanitaire touche même les volontaires de la Croix-Rouge ukrainienne, qui ont perdu « leurs maisons, leurs communautés et des êtres chers, mais ils continuent à faire leur travail en apportant aide et réconfort aux familles dans le besoin ». « Je suis touché par leur résilience et leur engagement humanitaire au milieu du conflit », a fait valoir M. Rocca.

Attaques contre le réseau de santé ukrainien

Par ailleurs, le réseau de santé ukrainien continue de subir des attaques continues. Au moins 72 personnes ont été tuées et 40 autres blessées dans 74 attaques contre des établissements de santé au cours du conflit.

« Les attaques contre les soins de santé se poursuivent, mettant en danger les travailleurs de la santé et empêchant les patients de disposer d’un lieu sûr pour recevoir des soins », a déclaré lors d’une vidéoconférence depuis Lviv (ouest de l’Ukraine), Jarno Habicht, le Représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Ukraine. M. Habicht a insisté sur le fait que les attaques contre les installations de santé sont inacceptables et violent le droit international.

Le responsable local de l’OMS a également souligné que le système de santé ukrainien subit une forte pression du fait des mouvements de populations qui n’épargnent le personnel soignant. En effet, de nombreux agents de santé se sont également déplacés vers des zones plus sûres ou ont quitté le pays, ce qui pourrait expliquer la charge de travail de ceux qui sont restés.

Plus de quatre millions de personnes ont fui l’Ukraine en un mois

Une réfugiée d'Ukraine embrasse son fils dans un centre d'accueil dans la ville frontalière polonaise de Medyka.
© UNHCR/Valerio Muscella
Une réfugiée d'Ukraine embrasse son fils dans un centre d'accueil dans la ville frontalière polonaise de Medyka.

L’accès aux médicaments a également été entravé par la fermeture de nombreuses pharmacies, a indiqué M. Habicht, notant que seule la moitié environ (plus de 10.000) est en activité.

« Les hôpitaux s’adaptent à la situation, avec une hausse des traitements des traumatismes et des blessures, surtout dans l’est du pays », a conclu le Représentant de l’OMS, relevant qu’une bonne partie de l’aide médicale a été acheminée dans la partie orientale de l’Ukraine.

Sur un autre plan, ce sont près de quatre millions de personnes ont fui l’Ukraine ces dernières semaines, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Il s’agit exactement de plus de 3,9 millions de personnes qui se sont réfugiées dans les pays voisins depuis le début de la guerre.

Plus de la moitié des personnes réfugiées se sont rendues en Pologne (2.314.623). Plus de 600.000 personnes sont arrivées en Roumanie, près de 385.000 en Moldavie, près de 360.000 en Hongrie, plus de 278.000 en Slovaquie et plus de 271.000 réfugiés ukrainiens en Russie.

Avec les 6,5 millions de déplacés internes, plus de 10 millions de personnes ont fui leur habitation depuis le début du conflit ukrainien.

Réunion du Conseil de sécurité sur la situation humanitaire

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni mardi après-midi pour le faire le point sur la situation humanitaire en Ukraine.

La Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires et Coordonnatrice adjointe des secours d'urgence, Joyce Msuya, a rappelé que le Secrétaire général de l’ONU a demandé au chef de l’humanitaire Martin Griffiths d’explorer avec les belligérants la possibilité d’un cessez-le-feu humanitaire en Ukraine.

« Martin a déjà été en contact avec les deux parties qui ont salué l'initiative, et il se rendra dans la région d'ici quelques jours », a précisé Mme Msuya. « Nous devons trouver des mesures – allant de trêves locales à des cessez-le-feu plus larges - pour sauver des vies, protéger les maisons des civils, leurs écoles et leurs hôpitaux contre les attaques ».

« Les civils manquent de nourriture, d'énergie et d'espoir. Notre objectif est simple : faire taire les armes et sauver des vies ».

Le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, a également fait un exposé, par visioconférence, devant les membres du Conseil.

Centrales nucléaires

Le Directeur général de l'AIEA, Rafael Mariano Grossi, est en Ukraine, pour des rencontres avec de hauts responsables ukrainiens.
© IAEA
Le Directeur général de l'AIEA, Rafael Mariano Grossi, est en Ukraine, pour des rencontres avec de hauts responsables ukrainiens.

De son côté, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a déclaré mardi que des discussions de haut niveau étaient en cours en Ukraine pour aider à éviter le risque d'un accident radioactif dans l'une des centrales nucléaires du pays.

Il y a eu plusieurs moments délicats, a souligné le Directeur général de l'AIEA, Mario Grossi, qui mène des réunions avec de hauts responsables du gouvernement ukrainien pour faciliter « un soutien rapide en matière de sûreté et de sécurité ».

« Le conflit militaire met les centrales nucléaires ukrainiennes et d'autres installations contenant des matières radioactives dans une situation de danger sans précédent », a déclaré M. Grossi. « Nous devons prendre des mesures urgentes pour nous assurer qu'elles puissent continuer à fonctionner en toute sécurité et réduire le risque d'un accident nucléaire qui pourrait avoir un impact grave sur la santé et l'environnement à la fois en Ukraine et au-delà ».

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s'est entretenu lundi avec M. Grossi avant sa mission en Ukraine, et dans un communiqué publié mardi, le chef de l'ONU a réitéré son « ferme soutien » à tous les efforts de l'AIEA, appelant à « un accès sûr et sans entraves » à toutes les installations nucléaires », pour le personnel de l'agence onusienne.

« Il ne faut pas entraver leur travail important », indique le communiqué publié par son porte-parole. « Un accident dans une centrale nucléaire serait une catastrophe sanitaire et environnementale. Tous les efforts doivent être faits pour éviter cette issue désastreuse ».

M. Grossi a mis en garde à plusieurs reprises contre la détérioration de la situation en matière de sûreté et de sécurité des installations nucléaires ukrainiennes depuis l'invasion russe. En particulier, le chef de l'AIEA a appelé à la prudence après que les forces russes ont pris le contrôle du site de Tchernobyl le 24 février, une deuxième centrale – Zaporijjia – passant sous contrôle russe environ une semaine plus tard.