Afghanistan : l’ONU demande la libération de militantes afghanes

8 février 2022

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) a demandé, mardi aux Talibans de libérer quatre militantes afghanes et leurs proches, qui ont été détenus ou enlevés le mois dernier à la suite de manifestations en faveur des droits des femmes.

Les services de la Haute-Commissaire Michelle Bachelet ont indiqué n’avoir aucune nouvelle concernant l’endroit où se trouvaient ces quatre femmes arrêtées pour avoir participé à une manifestation sur les droits des femmes le 16 janvier. 

« Près de trois semaines après leur disparition, on est toujours sans nouvelles du lieu de détention et du bien-être de quatre militantes et de leurs proches qui ont été arrêtés ou enlevés à Kaboul dans le cadre des récentes manifestations en faveur des droits des femmes », a déclaré lors d’un point de presse à Genève, Liz Throssell, porte-parole du HCDH.

Parwana Ibrahim Khil et Tamana Paryani ont été enlevées avec leurs proches le 19 janvier. Deux autres femmes de Kaboul, qui auraient également participé à une manifestation sur les droits des femmes le 16 janvier, ont été elles aussi emmenées de force la semaine dernière. 

Selon certaines informations, Mursal Ayar a été enlevée à son domicile le 2 février et le docteur Zahra Mohammadi a été enlevée devant sa clinique le 3 février. « Aucune information ne permet de savoir où elles se trouvent », a ajouté Mme Throssell. 

Rencontre de la Représentante de l’ONU en Afghanistan avec les Talibans au sujet des personnes disparues

L’ONU demande donc leur « libération immédiate ». « Nous sommes gravement préoccupés par la sécurité des femmes disparues et des membres de leur famille », a dit la porte-parole du HCDH.

Par ailleurs, la Cheffe de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), Deborah Lyons, a rencontré un haut dirigeant taliban à Kaboul dimanche, le député Abdul Kabir, pour lui faire part de l’inquiétude croissante de l’ONU concernant le sort de ces femmes activistes. 

Abdul Kabir a promis de chercher des réponses. « Nous vous en remercions et attendons avec impatience une mise à jour. Le soutien mondial à l’Afghanistan s’érode si les droits de tous les Afghans ne sont pas respectés », a souligné dimanche la MANUA dans un message publié sur son compte Twitter.

A Genève, les services de Mme Bachelet continuent de « faire pression sur les autorités de facto pour obtenir des informations sur ces cas, ainsi qu’une enquête efficace et transparente ». « Nous insistons sur la nécessité de garantir leur intégrité physique et mentale et demandons leur libération immédiate », a dit la porte-parole du Bureau des droits de l’homme de l’ONU.

 

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