Omicron : ne pas paniquer mais se préparer à une propagation probable (OMS)

3 décembre 2021

Alors que les scientifiques poursuivent leurs recherches sur le variant Omicron de la Covid-19, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a exhorté vendredi les pays à ne pas paniquer mais à se préparer à sa probable propagation.

 

Après la décision de l'Afrique du Sud et du Botswana de signaler l'apparition de la mutation du coronavirus Omicron le mois dernier, l'agence sanitaire des Nations Unies a répété qu'il faudra encore deux semaines avant d'en savoir plus sur son degré de transmissibilité et de dangerosité.

S'exprimant à Genève, le porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier, a souligné que les données suggérant qu'Omicron était hautement transmissible n'étaient que préliminaires.

Interdictions de voyage inutiles

Il a également réitéré les conseils de l'OMS contre les interdictions générales de voyager, sauf pour les pays dont les systèmes de santé ne sont pas en mesure de résister à une recrudescence des infections.

« Il est bien plus préférable de préparer votre pays, votre système de santé à l'arrivée éventuelle de nouveaux cas, car nous pouvons être à peu près sûrs que cette variante Omicron va se propager », a-t-il déclaré.

La mutation Delta - déclarée préoccupante cet été - est désormais « prédominante », a ajouté M. Lindmeier, « avec plus de 90 % des cas dans le monde. C'est ainsi que se comporte ce virus et nous ne pourrons vraisemblablement pas le tenir à l'écart des pays individuels ».

Le porte-parole de l'OMS a également mis en garde contre les réactions réflexes aux rapports indiquant qu'Omicron avait continué à se propager.

« Ne nous laissons pas décourager pour l'instant, obtenons d'abord le plus d'informations possible pour faire une évaluation correcte des risques en fonction des informations que nous aurons et passons ensuite à autre chose », a-t-il fait valoir.

« Ne nous inquiétons pas complètement ou ne nous laissons pas embrouiller par des informations individuelles qui sont toutes individuellement importantes, mais qui doivent être rassemblées afin d'être évaluées ensemble », a-t-il ajouté.

Une équipe d'intervention pour le pic d'Afrique du Sud

Cette évolution intervient alors que l'OMS a annoncé l'envoi d'une équipe technique d'appoint dans la province sud-africaine de Gauteng pour surveiller Omicron et aider à la recherche des contrats, dans un contexte de recrudescence des réinfections par le coronavirus.

Au cours des sept jours précédant le 30 novembre, l'Afrique du Sud a signalé une augmentation de 311 % des nouveaux cas par rapport aux sept jours précédents, a indiqué l'OMS jeudi.

Dans la province de Gauteng, où se trouve Johannesburg, les cas ont augmenté de 375 % d'une semaine à l'autre. Les admissions à l'hôpital y ont augmenté de 4,2% au cours des sept derniers jours par rapport à la semaine précédente. Et les décès liés à la Covid-19 dans la province ont fait un bond de 28,6 % par rapport aux sept jours précédents.

En annonçant le déploiement de l'équipe d'intervention, le Dr Salam Gueye, directeur régional des urgences de l'OMS pour l'Afrique, a fait remarquer que seuls 102 millions d'Africains, soit 7,5 % de la population du continent, sont aujourd'hui entièrement vaccinés et que plus de 80 % de la population n'a même pas reçu une seule dose. « C'est un écart dangereusement important », a-t-il déclaré.

Dans une déclaration, l'OMS a indiqué que l'Afrique du Sud verrait davantage de patients contracter la Covid-19 après avoir déjà été infectés, ce qui n'était pas le cas avec les variantes précédentes, citant un microbiologiste de l'Institut national des maladies transmissibles (NICD) du pays.

En collaboration avec les gouvernements africains pour accélérer les études et renforcer la réponse à la nouvelle variante, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) invite les pays à séquencer entre 75 et 150 échantillons par semaine.

La détection a fait gagner du temps au monde entier

« La détection et la déclaration en temps utile de la nouvelle variante par le Botswana et l'Afrique du Sud ont fait gagner du temps au monde entier », a déclaré la Docteure Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique.

« Nous disposons d'une fenêtre d'opportunité mais nous devons agir rapidement et intensifier les mesures de détection et de prévention. Les pays doivent adapter leur riposte à la Covid-19 et empêcher une recrudescence des cas de balayer l'Afrique et de submerger des établissements de santé déjà surchargés », a-t-elle ajouté.

 

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