Covid-19 : l’OMS préconise des mesures « rationnelles » et une réponse « calme » face au variant Omicron

30 novembre 2021

Alors que certains pays ont décidé de fermer leurs frontières aux voyageurs ou de serrer à nouveau la vis pour entrer sur leur territoire, le chef de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé les Etats au « calme » face au nouveau variant du coronavirus qui sème l’affolement dans le monde.

« La réponse mondiale doit être calme, coordonnée et cohérente » a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une séance d’information aux Etats membres sur Omicron, au siège de l’OMS à Genève. Selon l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU, de telles mesures restrictives ne sont « ni fondées sur des preuves, ni efficaces en soi » et pénalisent les pays d’Afrique australe qui ont signalé le variant si rapidement.

Séquencée pour la première fois en Afrique australe la semaine dernière, cette nouvelle souche a été par la suite détectée sur tous les continents. Finalement sous l’effet conjugué d’une nouvelle vague et de l’apparition du variant Omicron, de nombreux Etats ont décidé de suspendre les voyages vers l’Afrique australe.

Des mesures générales et brutales qui ne feront qu’aggraver les inégalités

Dans ce discours prononcé devant les 194 États membres de l’OMS, le Chef de l’OMS les a exhortés à prendre « des mesures rationnelles et proportionnelles au risque, conformément au Règlement sanitaire international ».

« Nous continuons d’appeler tous les États membres à optimiser les mesures de santé publique et les mesures sociales et à veiller à ce que les personnes à haut risque et les personnes vulnérables de tous les pays soient entièrement vaccinées immédiatement », a asséné le Dr Tedros.

« Je comprends bien le souci de tous les pays de protéger leurs citoyens contre un variant que nous ne comprenons pas encore parfaitement », a-t-il rappelé, fustigeant au passage l’introduction par plusieurs Etats membres, « de mesures générales et brutales qui ne feront qu’aggraver les inégalités ».

M. Tedros a d’ailleurs remercié « le Botswana et l’Afrique du Sud d’avoir détecté, séquencé et signalé ce variant aussi rapidement », et s’est dit « profondément préoccupé par le fait que ces pays sont maintenant pénalisés par d’autres pour avoir fait ce qu’il fallait ».

En attendant, il y a encore « plus de questions que de réponses concernant l’effet d’Omicron sur la transmission, la gravité de la maladie et l’efficacité des tests, des traitements et des vaccins ». Le chef de l’OMS a souligné que l’organisation « prend cette évolution très au sérieux » et travaille avec des partenaires du monde entier pour « combler les lacunes de nos connaissances aussi rapidement que possible ».

Ne pas oublier que le variant Delta représente la quasi-totalité des cas dans le monde

Plus largement, le Dr Tedros estime ne « pas être surpris » par cette évolution du nouveau coronavirus. « C’est ce que font les virus. Plus nous laissons la pandémie s’éterniser - en ne remédiant pas aux inégalités en matière d’accès aux vaccins ou en ne mettant pas en œuvre des mesures sociales et de santé publique de manière adaptée et cohérente - plus nous donnons à ce virus la possibilité de muter d’une manière que nous ne pouvons ni anticiper ni empêcher », a soutenu le Dr Tedros.

Dans le même temps, la planète ne doit pas oublier qu’elle est déjà confrontée à « un variant dangereux et hautement transmissible - le variant Delta, qui représente la quasi-totalité des cas dans le monde ». « Nous devons utiliser les outils dont nous disposons déjà pour prévenir la transmission et sauver des vies du variant Delta. Et si nous y parvenons, nous pourrons également prévenir la transmission et sauver des vies à partir d’Omicron - en améliorant la surveillance, les tests, le séquençage et la notification », a conclu le Dr Tedros.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 5.200.267 morts dans le monde depuis l’apparition de la maladie fin décembre 2019. Selon un bilan établi mardi par l’OMS.

Plus de 260.867.011 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l’épidémie. Et à la date du 29 novembre 2021, un total de 7.772.799.316 doses de vaccin ont été administrées dans le monde.

 

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