Bombardement atomique de Nagasaki : 76 ans après, l’ONU appelle à abolir « les armes les plus meurtrières jamais créées »

8 août 2021

A l’occasion du soixante-seizième anniversaire du bombardement nucléaire de Nagasaki, le Secrétaire général de l’ONU a rendu hommage lundi aux « hibakusha », activistes victimes et survivants des bombardements nucléaires au Japon, affirmant que leurs « actes altruistes » continuent de le marquer.

« Vos efforts ont aidé à construire un puissant mouvement mondial contre les armes nucléaires, fondé sur la connaissance du fait qu'une seule explosion aveuglante peut produire une souffrance incalculable qui se répercute sur les générations », leur a dit António Guterres, dans un message envoyé au Mémorial de la paix de Nagasaki.

Le chef de l’ONU a imploré les hibakusha de continuer de diffuser leur « puissant témoignage », réaffirmant le plein soutien de l’Organisation pour que leurs voix « soient entendues par les peuples du monde et en particulier par les jeunes générations ».

Pour M. Guterres le courage de ces survivants engagés « face à une immense tragédie humaine est une lueur d'espoir pour l'humanité ».

Une métropole culturelle construite sur les cendres de la guerre

S’adressant aux habitants de Nagasaki, M. Guterres a qualifié la ville de « dynamique exemple de modernité et de progrès ». 

« Vous avez construit une métropole culturelle sur les cendres de la guerre nucléaire », a-t-il affirmé.

Il a également salué leur travail « avec diligence pour éviter que la dévastation nucléaire ne frappe une autre ville ».

Deux développements porteurs d'espoir

« Plus de trois quarts de siècle après la destruction de Nagasaki, nous continuons à vivre dans l'ombre du champignon atomique », a déploré le Secrétaire général de l’ONU, signalant que les perspectives d'utilisation de l'arme nucléaire « sont aussi dangereuses que jamais depuis l'apogée de la guerre froide ». 

« Les États s'empressent de créer des armes plus puissantes et d'élargir les scénarios potentiels de leur utilisation. La rhétorique belliqueuse est portée au volume maximum tandis que le dialogue est en sourdine », a-t-il averti. 

Le Secrétaire général a néanmoins signalé deux développements récents qu’il estime « porteurs d'espoir », soulignant qu’il espérait qu’ils annoncent un tournant. 

« Je me félicite de la réaffirmation par les États-Unis et la Fédération de Russie qu'une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée, ainsi que de leur engagement à entamer un dialogue sur la maîtrise des armements », a déclaré M. Guterres. 

Aussi, le chef de l’ONU a félicité les parties au Traité sur l'interdiction des armes nucléaires pour l'entrée en vigueur de cet instrument. 

« Le Traité représente les craintes légitimes de nombreux États face au danger existentiel que représentent les armes nucléaires », a-t-il expliqué. 

Prévenir le fléau de la guerre

M. Guterres a appelé toutes les parties au traité de non-prolifération nucléaire à profiter de la prochaine dixième conférence d'examen « pour renforcer la norme contre les armes nucléaires et prendre des mesures en vue de leur élimination ». 

« Les Nations Unies ont été créées pour prévenir le fléau de la guerre », a rappelé le chef de l’ONU signalant que « pour atteindre cet objectif, il incombe à tous les États membres de chercher à abolir les armes les plus meurtrières jamais créées ». 

« Ensemble, nous devons empêcher que la tragédie de ce qui s'est passé ici le 9 août 1945 ne se reproduise jamais », a exhorté António Guterres. 
 

 

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