Les appels de Mandela à la fin du racisme sont aujourd'hui particulièrement pertinents, selon la numéro 2 de l’ONU

21 juillet 2021

L’Assemblée générale des Nations Unies a célébré mercredi la Journée internationale Nelson Mandela, l’occasion pour la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, de souligner son courage, sa compassion et « son engagement indéfectible en faveur de la justice sociale et de l’égalité ».

Le Premier chef d'État noir d'Afrique du Sud, qui a passé 27 ans de sa vie en prison, « a mené la lutte pour mettre fin au système raciste d'apartheid dans son Afrique du Sud natale et a continué à lutter contre l'injustice tout au long de sa vie », a-t-elle souligné dans un discours. « Les appels de Madiba à la solidarité et à la fin du racisme sont particulièrement pertinents aujourd'hui, alors que la cohésion sociale dans le monde est menacée par la division », a-t-elle ajouté, utilisant le surnom donné à Nelson Mandela.

La numéro deux de l’ONU a noté que « les discours de haine et le déni des faits se généralisent dans les démocraties libérales comme dans les régimes autoritaires, brouillant la vérité, remettant en question la science et sapant les institutions démocratiques ».

« Nous avons vu la tendance alarmante de personnes ayant peu ou pas de connaissance des faits historiques être infectées par le virus de la désinformation et de la distorsion, et à adopter des idéologies violentes. La pandémie actuelle de Covid-19 a aggravé ces maux tout en faisant reculer des années de progrès dans la lutte mondiale contre la pauvreté et l'injustice », a-t-elle ajouté.

« Comme toujours en temps de crise, ce sont les marginalisés et ceux déjà discriminés qui souffrent le plus, souvent en étant blâmés pour des problèmes qu'ils n'ont pas causés », a noté la Vice-Secrétaire générale. « Les personnes d'ascendance africaine, les personnes d'ascendance asiatique et des îles du Pacifique, les peuples autochtones, les groupes ethniques ou religieux et les minorités, les personnes qui ont dû fuir leur domicile en tant que réfugiés, sont les plus durement touchés par le racisme, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée ».

Selon Amina Mohammed, ce sont les maux contre lesquels Nelson Mandela s'est dressé « pour créer son héritage durable ». « Il est de notre responsabilité individuelle de suivre l'exemple d'humilité, de pardon et de compassion de Madiba, tout en plaidant pour la démocratie et la paix dans le monde », a-t-elle dit.

Selon elle, la pandémie de Covid-19 a montré l'importance vitale de la solidarité et de l'unité humaines, « valeurs défendues et illustrées par Madiba dans son combat de toute une vie pour la justice ».

Naledi Pandor, ministre sud-africaine des relations internationales, s'exprime lors de la commémoration de la Journée Nelson Mandela.
Photo ONU/Loey Felipe
Naledi Pandor, ministre sud-africaine des relations internationales, s'exprime lors de la commémoration de la Journée Nelson Mandela.

Nelson Mandela : un nom synonyme de lutte pour la justice

Le Président de l'Assemblée générale, Volkan Bozkir, a également rappelé que Nelson Mandela a plaidé en faveur de la dignité et de l'égalité, à la fois au sein des nations et entre elles, sans distinction de race, de nationalité ou de croyance.

« Ce sont des valeurs universelles, énoncées dans la Charte des Nations Unies et les traités relatifs aux droits de l'homme. Ici, à l'Assemblée générale des Nations Unies, nous sommes chargés de défendre et de protéger ces valeurs », a-t-il dit.

Il a rappelé que le nom de Nelson Mandela est synonyme de lutte pour la justice et l'égalité. « Beaucoup d'entre nous ici aujourd'hui, et partout dans le monde, ont appris ses actions à la radio, à la télévision et dans les journaux. Nous avons entendu parler de ce grand champion de l'égalité, qui n'acceptait pas l'injustice, la pauvreté ou la discrimination. Il avait la vision d'imaginer un monde meilleur pour tous », a souligné M. Bozkir.

« Nous devons nous en souvenir aujourd'hui, lorsque nous considérons le sort des 82,4 millions de personnes dans le monde qui ont été déplacées de force. Quand on pense aux femmes et aux filles victimes de violences sexuelles et sexistes. Lorsque nous nous engageons à ne laisser personne de côté », a-t-il ajouté. « Nous devons préserver l'héritage de réconciliation raciale de Mandela, d'autant plus que l'intolérance et la discrimination raciale menacent d'éroder les progrès pour lesquels il s'est lui-même battu si durement ».

 

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