2021, année critique pour remettre notre relation avec la nature à plat, selon Guterres

22 février 2021

En cette période de « crise et de fragilité », le bien-être et la prospérité de l'humanité pourraient être considérablement améliorés en donnant la priorité aux solutions ancrées dans la nature, a déclaré lundi le chef de l'ONU devant l'Assemblée des Nations Unies pour l'environnement. 

Dans un message vidéo, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a dressé un tableau des bouleversements provoqués par la Covid-19, y compris les millions de personnes poussées dans la pauvreté et l’aggravation des inégalités entre les peuples et les pays, qui s’ajoutent à la « triple urgence environnementale », à savoir le dérèglement du climat, le déclin de la biodiversité et l’épidémie de pollution qui « arrachent quelque neuf millions de vies par an ».

«Il s'agit d'une année critique pour redéfinir notre relation avec la nature », a affirmé le chef de l'ONU. 

Beaucoup à accomplir 

S’appuyant sur le nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) intitulé « Faire la paix avec la nature », M. Guterres a souligné la nécessité d'une planète saine pour arriver à un  développement durable.

Après l'Assemblée pour l'environnement, les États membres doivent se retrouver pour traiter de la perte de biodiversité, de la pollution chimique, de la santé des océans, de la désertification et du dérèglement climatique. 

Selon M. Guterres, ces événements sont « l'occasion d'accroître l'ambition et l'action ».  Il a signalé que l'année à venir serait chargée et qu'il serait « très important d'articuler la dimension environnementale du développement durable ».  

« Les gouvernements et les populations doivent comprendre dans leur ADN même que tous les défis environnementaux, sociaux et économiques sont liés les uns aux autres et ils doivent être abordés ensemble », a-t-il déclaré. 

Un état d’urgence 

Alors que les océans se remplissent de plastique et deviennent plus acides, que les températures menacent de grimper à plus de trois degrés Celsius et la biodiversité de décliner « à un rythme périlleux », il n'y a pas d'autre choix que de « transformer la manière dont les économies et les sociétés valorisent la nature », a soutenu le Secrétaire général.

« Nous devons mettre la santé de la planète au cœur de tous nos plans et politiques », a-t-il déclaré, affirmant que les retombées économiques étaient claires. 

Bien que plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB) mondial dépende de la nature, le capital mondial lié à la nature a diminué de 40% en un peu plus de deux décennies, ce qui a incité le Forum économique mondial à classer la perte de biodiversité et l'effondrement des écosystèmes parmi les cinq principales menaces auxquelles l'humanité sera confrontée au cours de la prochaine décennie. 

« L'urgence d'agir n'a jamais été aussi claire », a déclaré M. Guterres, qui a exhorté l’Assemblée des Nations Unies pour l'environnement à « susciter une volonté mondiale d'action - une transformation de notre relation avec la nature ». 

Tous les pays doivent présenter « des contributions plus ambitieuses déterminées au niveau national, avec des objectifs pour 2030 qui soient compatibles avec la neutralité carbone d'ici 2050 », d'ici la prochaine conférence des Nations Unies sur le climat, connue sous le nom de COP26, qui aura lieu à Glasgow en novembre, a-t-il ajouté. 

Et d'ici la conférence des Nations Unies sur la biodiversité qui se tiendra en mai à Kunming, en Chine, « les nations doivent montrer comment elles vont inverser la tendance à la disparition des espèces et des écosystèmes en se fixant des objectifs et des moyens de mise en œuvre concrets ». 

Le haut responsable des Nations Unies a aussi souligné l'importance de garantir un « cadre solide pour l'après-2020 » pour une gestion saine des produits chimiques et des déchets, en préconisant « des alternatives qui préservent la santé des personnes et l'environnement ».

Les océans doivent également être protégés en mettant fin aux pratiques de pêche non-durables, en étendant les zones marines protégées et en réduisant de manière draconienne la pollution maritime, a-t-il déclaré.  M. Guterres a cité le succès de la protection de la couche d'ozone comme « une inspiration et un guide pour tous nos efforts visant à protéger l'environnement mondial ». 

« Mais nous savons tous que les mots ne suffisent pas : les engagements doivent être étayés par des plans clairs et crédibles », a déclaré le Secrétaire général. 

La balance penche 

« Je ne peux pas surestimer l'importance de vos délibérations », a-t-il ajouté, signalant qu’il avait instruit le personnel de l’ONU a travers le monde de mettre à disposition des espaces pour permettre à tous les pays de participer aux négociations en ligne, alors que la pandémie de Covid-19 se poursuit. 

« Dans une large mesure, la viabilité de l'humanité sur cette planète dépend de vos efforts », a souligné le Secrétaire général. 

« Avec du leadership, de la détermination et un engagement envers les générations futures, je suis convaincu que nous pouvons offrir une planète saine pour que l'humanité entière non seulement survive, mais prospère », a conclu le chef de l’ONU. 

De son côté, la cheffe du PNUE, Inger Andersen, a averti que si aucune mesure n'est prise, les générations futures risquent d'hériter d'une « planète serre » avec le niveau de carbone dans l'atmosphère le plus élevé en 800.000 ans... des villes en train de couler... [et] suffisamment de déchets toxiques pour remplir 125.000 piscines olympiques chaque année. 

Elle a appelé à un « leadership pour la planète », qui sous-entend faire confiance à la science, respecter les accords mondiaux, réinventer le multilatéralisme, le financement et la solidarité internationale et protéger les pauvres et les personnes vulnérables.   

« Le leadership pour la planète signifie faire la paix avec la nature », a expliqué Mme Andersen.

 

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