Création d’une réserve mondiale de vaccins contre Ebola stockés en Suisse

12 janvier 2021

Une réserve mondiale de milliers de doses de vaccin contre le virus Ebola est créée pour répondre rapidement à de futures épidémies, ont annoncé mardi l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et Médecins sans frontières (MSF).

Ces quatre principales organisations sanitaires et humanitaires internationales ont indiqué que la création de ce stock mondial permettra de contenir les futures épidémies d’Ebola, en assurant en temps utile, un accès aux vaccins destinés aux populations à risque lors des flambées épidémiques.

« La pandémie de Covid-19 nous rappelle l’incroyable pouvoir des vaccins pour sauver des vies de virus mortels », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.

« Les vaccins contre le virus Ebola ont permis de prévenir l’une des maladies les plus redoutées sur terre. Ce nouveau stock est un excellent exemple de solidarité, de science et de coopération entre les organisations internationales et le secteur privé pour sauver des vies », a ajouté le chef de l’OMS. 

L’effort de constitution du stock a été mené par le Groupe international de coordination (GIC) pour la fourniture de vaccins, qui comprend ces quatre organisations, avec le soutien financier de Gavi, l’Alliance pour les vaccins.

L’objectif est d’arriver à au moins 500.000 doses de vaccin

Les doses de vaccin seront stockées à Bâle, en Suisse et prêtes à être expédiées dans les pays pour une intervention d’urgence. La décision d’allouer le vaccin sera prise dans les 48 heures suivant la réception d’une demande d’un pays. Les vaccins seront mis à disposition avec un emballage à chaîne ultra froide par le fabricant pour être expédiés aux pays dans les 48 heures suivant la décision. Le délai de livraison visé pour le stock aux pays est de sept jours.

Un premier lot de 6.890 doses est maintenant disponible pour répondre à l’épidémie. D’autres quantités seront livrées ce mois-ci et tout au long de cette année et au-delà. En fonction du rythme de déploiement des vaccins, il pourrait falloir 2 à 3 ans pour atteindre le niveau recommandé par l’OMS de 500.000 doses pour le stock d’urgence de vaccins Ebola.

Comme il le fait déjà pour les vaccins contre le choléra, la méningite et la fièvre jaune, l’UNICEF va gérer cette réserve mondiale de vaccins contre Ebola. L’agence onusienne sera l’organe décisionnel pour son allocation et sa mise en circulation.

« Nous savons que lorsqu’il s’agit de flambées de maladies, la préparation est essentielle », a déclaré dans un communiqué, Henrietta Fore, Directrice exécutive de l’UNICEF, insistant sur cet effort sans précédent pour aider à maîtriser rapidement les éventuelles épidémies d’Ebola.

« Cette réserve de vaccins contre le virus Ebola est une réalisation remarquable, qui nous permettra de fournir des vaccins à ceux qui en ont le plus besoin le plus rapidement possible », a-t-elle ajouté.

Comme les épidémies d’Ebola sont relativement rares et imprévisibles, il n’existe pas de marché naturel pour le vaccin. Les vaccins ne sont garantis que par la constitution d’un stock et sont disponibles en quantités limitées.

© UNICEF/Thomas Nybo
Une feuille de plastique sépare une mère de son fils dans un centre de traitement du virus Ebola à Beni, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo.

Des doses produites par la société pharmaceutique américaine Merck

Le stock de vaccins contre Ebola comprendra des doses produites par la société pharmaceutique américaine Merck. Ce vaccin préqualifié par l’OMS, a été homologué en Europe, aux Etats-Unis et dans huit pays africains. La livraison de ces doses est financée par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

« Il s’agit d’une étape importante. Rien qu’au cours de la dernière décennie, nous avons vu le virus Ebola dévaster des communautés en Afrique de l’Ouest et du Centre, frappant toujours plus durement les plus pauvres et les plus vulnérables », a indiqué le Secrétaire général de la FICR, Jagan Chapagain.

Avant d’être homologué, le vaccin a été administré à plus de 350.000 personnes en Guinée et lors des épidémies d’Ebola de 2018-2020 en République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre d’un protocole d’« utilisation à titre humanitaire ». 

Le développement du vaccin contre Ebola a été accéléré après la pire épidémie de cette maladie particulièrement meurtrière, qui avait commencé en décembre 2013 en Guinée et s’était propagée au Libéria et à la Sierra Leone. L’épidémie avait fait en plus de deux ans, plus de 11.000 morts.

Et en novembre, la RDC a déclaré la fin de la dernière épidémie d’Ebola sur son territoire, qui a fait 55 morts en près de six mois dans la province de l’Équateur. Selon l’OMS, plus de 40.000 personnes ont été vaccinées lors de cette onzième épidémie.

 

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