Burkina Faso : des réfugiés maliens retrouvent le camp de Goudoubo grâce à une sécurité renforcée

21 décembre 2020

Au Burkina Faso, de nouvelles mesures de sécurité ont permis à des réfugiés maliens de retourner dans un camp, neuf mois après avoir été forcés d’abandonner le site.

Avec l’aide de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), 3.000 réfugiés maliens ont retrouvé le camp de réfugiés de Goudoubo au nord-est du Burkina Faso. Avec une trentaine de convois de bus et de camions, le HCR a ainsi facilité ce mois-ci la relocalisation des réfugiés au camp depuis la ville voisine de Dori.

« Les réfugiés maliens qui retournent à Goudoubo nous avaient demandé de les ramener dans le camp qu’ils appellent leur chez-soi car c’est là qu’ils vivaient, pour la plupart, depuis 2012 », a déclaré la Représentante du HCR au Burkina Faso, Ioli Kimyaci.

Un autre groupe de 150 réfugiés ont fait le trajet de retour par leurs propres moyens en moto ou dans des taxis tricycles. Certains ont également rejoint le site à pied, avec leur bétail. L’agence onusienne a donc remercié les autorités burkinabés « d’avoir rendu possible leur retour à Goudoubo en accroissant les mesures de sécurité et pour leur engagement d’assurer la sécurité dans le camp ».

Les autorités nationales ont désormais renforcé la sécurité dans et autour de Goudoubo, avec davantage de personnel et des patrouilles accrues, ce qui permet aux réfugiés maliens de retourner au camp.

Un site de 9.000 réfugiés vidé après une série de menaces de groupes extrémistes

Les relocalisations se poursuivront au cours de ce mois de décembre. Près de 2.000 réfugiés devraient également revenir au camp de Goudoubo depuis le camp de réfugiés de Mentao, près de Djibo. 

« Goudoubo offrira un meilleur accès aux services et facilitera leur vie loin du pays d’origine, alors que nous cherchons des alternatives et des solutions durables. » a ajouté Mme Kimyaci.

L’accès à Mentao avait été coupé durant plus d’un an, après une série d’attaques meurtrières qui ont entravé les efforts d’aide et les distributions de vivres. Ces violences avaient même forcé le personnel du HCR à cesser son travail sur place.

Jusqu’en mars dernier, le camp de Goudoubo hébergeait 9.000 réfugiés, avant qu’une série de violentes attaques et d’ultimatums issus par des groupes extrémistes armés les ont obligé à vider le camp. Quelque 5.000 réfugiés maliens ont fait le choix difficile de rentrer dans leur pays, toujours en proie à l’instabilité et où ils ont reçu une aide du HCR à leur arrivée.

Les autres Maliens ont fui, notamment vers la ville voisine de Dori, où ils ont été accueillis par la communauté d’accueil elle-même aux prises à des conditions de vie précaires, avec des conséquences en termes d’abris, d’eau potable et des services de santé.

A Goudoubo, le HCR et la Commission nationale pour les réfugiés (CONAREF) ont construit 1.500 nouveaux abris pour les réfugiés de retour. Des écoles primaires et secondaires sont prêtes à rouvrir et à accueillir des élèves. Les moyens de subsistance reprendront également, notamment les cultures et les pâturages pour le bétail.

20.000 réfugiés maliens au Burkina Faso, un pays où une personne sur 20 est déplacée interne

De plus, les réfugiés de retour à Goudoubo ont rouvert des échoppes, dont des épiceries et des boucheries. Les réfugiés ont déclaré au HCR que le retour signifie pour eux la fin des problèmes à surmonter pour trouver des abris et accéder aux services essentiels.

Situé dans la région instable du Sahel en Afrique, le Burkina Faso est à l’épicentre de l’une des crises de protection et de déplacement à la croissance la plus rapide au monde. Dans ce pays, une personne sur 20 est aujourd’hui déplacée interne – soit plus d’un million de personnes au total. Dans le même temps, le Burkina Faso accueille également 20.000 réfugiés maliens, dont la majorité ont fui l’éruption des violences en 2012.

Malgré les relocalisations bienvenues à Goudoubo, le HCR lance de nouveau une alerte sur le fait que les attaques de groupes armés au Burkina Faso et à travers le Sahel conduiront à de nouveaux déplacements dans la région qui héberge déjà près de deux millions de déplacés internes et des centaines de milliers de réfugiés.

« A travers le Sahel, les réfugiés, les déplacés internes et leurs communautés d’accueil subissent des violences brutales, y compris des viols et des exécutions », souligne l’agence, rappelant que la pandémie de Covid-19 ajoute une nouvelle strate de difficultés pour les réfugiés. Elle complique encore les efforts pour leur venir en aide.

 

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