Attaque meurtrière contre des réfugiés et déplacés au Niger : le HCR apporte son aide aux survivants

2 juin 2020

L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a fermement condamné les assassinats ciblés de deux représentants des réfugiés maliens et d'un dirigeant d’une communauté locale d'accueil, lors d'une attaque commise par des éléments armés non identifiés dans l'ouest du Niger.

Dimanche soir, plus de 50 hommes armés et à moto sont entrés à Intikane, une localité située à 72 kilomètres de la frontière malienne et qui accueille quelque 20.000 réfugiés ainsi que 15.000 déplacés nigériens.

Parallèlement aux meurtres brutaux de ces trois personnes, les assaillants ont également incendié des stocks d'articles de secours. Ils ont aussi détruit des antennes de téléphonie mobile ainsi que la principale station de pompage et des conduites d’eau, coupant ainsi les communications et l'approvisionnement en eau pour les populations déplacées et leurs communautés d'accueil.

« Cet acte odieux et insensé commis contre des réfugiés vulnérables et leurs hôtes est navrant et déchirant. Il doit être condamné avec la plus grande fermeté », a déclaré lundi Alessandra Morelli, la représentante du HCR au Niger.

« En ciblant des réfugiés et en supprimant des sources d’approvisionnement vitales, ces groupes armés forcent des personnes vulnérables à fuir de nouveau, à quitter un endroit où elles avaient trouvé l'espoir et où un équilibre prudent avait été établi pour une solidarité envers les communautés locales », a ajouté Mme Morelli.

Plus d’un millier de personnes ont fuient le site de l’attaque

Suite à cette attaque brutale, plus d’un millier de personnes - un mélange de réfugiés maliens, de déplacés internes nigériens et de membres de leurs communautés hôtes - ont fui.

« Selon les informations reçues, ces personnes se sont dirigées vers Telemces, un village situé à 27 kilomètres du site (attaqué) », a déclaré mardi le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d’un point presse depuis Genève.
Environ 1.100 personnes sont depuis arrivées aux abord de Telemces.

Aider les survivants de l’attaque et poursuivre la réponse humanitaire

Le HCR s'efforce d’apporter son soutien aux survivants de l’attaque. 

« Nous travaillons avec nos partenaires et les autorités locales pour fournir une assistance immédiate, en particulier en acheminant par camion de l’eau avec d’autres fournitures de secours, car les gens pourraient mourir de soif dans la chaleur du désert », a expliqué M. Mahecic.

L’eau apportée par l’agence onusienne permet également aux réfugiés, aux déplacés internes et aux communautés d'accueil de pouvoir se laver les mains, un geste barrière essentiel pour la prévention et la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Malgré de violentes attaques et l'insécurité qui limitent fortement l'accès humanitaire aux personnes ayant besoin de protection et d'assistance, le HCR renforce ses efforts de réponse à la crise au Niger, en mettant l'accent sur la fourniture d’abris, l’éducation ainsi que des programmes de prévention et de lutte contre la violence sexuelle et sexiste. Le Niger continue également à faire la preuve de son engagement pour protéger les personnes ayant fui la violence.

Les camps de réfugiés et déplacés, cibles d’attaques au Sahel

Le site d’Intikane au Niger vient s’ajouter à la liste des camps de réfugiés et de déplacés attaqués par des groupes armés irréguliers au Sahel. Ces derniers mois ont vu une forte augmentation des attaques dans la région de Liptako Gourma, où le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont des frontières communes, poussant les populations vivant dans la région à fuir.

« Les meurtres brutaux de dimanche ont choqué les réfugiés, les communautés locales et les travailleurs humanitaires », a ajouté M. Mahecic qui dit craindre « d’autres attaques à présent ». L’aggravation de l’insécurité dans cette région frontalière pousse les gens à chercher refuge plus loin à l’intérieur du Niger.

Le HCR renouvelle son appel urgent aux parties belligérantes au Sahel afin qu'elles protègent les civils, les personnes déracinées et les communautés qui les accueillent, car les civils sont les plus durement touchés par les attaques croissantes au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Ces deux derniers mois, des camps de réfugiés au Burkina Faso ont également fait l'objet d'attaques et d'incursions, qui ont forcé de nombreuses personnes à fuir.
 

 

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