Cancer : plus de 19 millions de nouveaux cas et 10 millions de décès en 2020

15 décembre 2020

Cette année, quelque 19,3 millions de nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués et 10 millions de décès sont à déplorer des suites de cette maladie, selon des données publiées ce mardi par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC).

Selon cette agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la recherche sur le cancer, la tumeur du sein figure parmi les cancers les plus fréquemment diagnostiqués. Ce type de cancer représente 11,7% des nouveaux cas rapportés dans la population mondiale en 2020.

Viennent ensuite le cancer du poumon (11,4%), le cancer colorectal (10%), le cancer de la prostate (7,3%) et le cancer de l’estomac (5,6%). Au total, les dix types de cancer les plus courants représentent plus de 60% des cas de cancer nouvellement diagnostiqués et plus de 70% des décès par cancer.

Mais c’est le cancer du poumon qui reste le plus fatal. Représentant 18% des cas de décès par cancer, la tumeur du poumon est la principale cause de décès par cancer, suivie du cancer colorectal (9,4%), du foie (8,3%), de l’estomac (7,7%), du cancer du sein (6,9%).

A ce jour, le nombre de patients en rémission (ce que l’on appelle la prévalence après le diagnostic sur cinq ans) atteint 50,6 millions dans le monde. Mais selon l’OMS, une personne sur cinq souffrira d’un cancer dans sa vie. Un homme sur huit et une femme sur onze en décèderont.

OMS/S. Bones
En Jamaïque, une survivante du cancer du sein du village de Stewart Mountain attend d’être examinee pour un suivi médical assuré par la Jamaica Cancer Society

Le cancer du sein est désormais la première cause de cancer dans le monde

Selon cet institut de recherche de l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU, le cancer du sein est désormais la première cause de cancer dans le monde. Il a maintenant dépassé le cancer du poumon en termes de fréquence dans le monde. Les 2,3 millions de nouveaux cas estimés indiquent qu’un cancer sur huit détecté cette année est un cancer du sein.

Pour cet institut basé à Lyon (France), cette maladie reste également la cinquième cause de mortalité par cancer dans le monde, avec 685.000 décès en 2020. Chez les femmes, le cancer du sein représente un cas de cancer sur quatre et un décès sur six. « Et la maladie se classe au premier rang en termes d’incidence et de mortalité dans la plupart des pays du monde (dans 159 et 110 pays, respectivement) », rapporte le CIRC.

Plusieurs facteurs influent sur la prévention de cette tumeur : les maternités tardives, le fait d’avoir peu d’enfants, des niveaux plus élevés de surpoids et une tendance à la sédentarité. Des changements liés au mode de vie, les contextes socioculturels et les environnements bâtis ont un impact majeur sur la prévalence des facteurs de risque du cancer du sein dans de nombreux pays.

Côté diagnostic et prise en charge des malades, l’institut de Lyon estime qu’il reste beaucoup à faire. « Il existe un accablant besoin de nouvelles recommandations pour améliorer le dépistage précoce et le suivi des femmes », a fait valoir la Dr Élisabeth Weiderpass, Directrice du CIRC.

« L’OMS et le CIRC travaillent actuellement ensemble pour lancer une nouvelle initiative mondiale sur le cancer du sein en 2021, qui se concentrera sur l’amélioration du diagnostic précoce et du traitement complet pour améliorer les résultats au niveau de la population », a-t-elle ajouté.

Photo AIEA
L'ONU soutient des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire dans la lutte contre le cancer.

Les hommes principalement touchés par le cancer du poumon

Par ailleurs en termes d’incidence, les hommes sont principalement touchés par le cancer du poumon, suivi par le cancer de la prostate et du cancer colorectal. C’est aussi la tumeur la plus meurtrière dans la population masculine, suivie du cancer du foie et du cancer colorectal.

Chez les femmes, le cancer du sein est à la fois le plus fréquent et le plus meurtrier (685 000 décès en 2020). Il est suivi du cancer colorectal et du cancer du poumon pour l’incidence et du cancer du poumon et du cancer colorectal pour la mortalité.

Et dans les décennies à venir, l’agence onusienne estime que le cancer va encore gagner du terrain. En 2040, le nombre de nouveaux cas devrait s’élever à 28,4 millions. Soit une augmentation de 47% par rapport aux 19,3 millions de cas estimés en 2020. En cause, la hausse globale des principaux facteurs de risque : le tabagisme, l’alimentation déséquilibrée, le surpoids et l’inactivité physique.

domaine public
Des pommes de terre frites avec du fromage. Les graisses de friture peuvent être associés à un risque accru de développer un cancer de l’ovaire

« La prévention du cancer a un rôle clé à jouer »

En utilisant les quatre niveaux de l’indice de développement humain (IDH) comme marqueur du degré de transition socio-économique nationale, les pays classés comme ayant un IDH faible ou moyen connaîtront les plus fortes augmentations relatives de l’incidence du cancer d’ici à 2040 (une hausse de 95 % et de 64 % par rapport à 2020, respectivement).

« Les changements en cours dans la structure de la population, les environnements dans lesquels les gens vivent et la mesure dans laquelle les systèmes de santé sont capables de fournir des interventions efficaces de lutte contre le cancer détermineront ensemble l’ampleur et le profil de l’incidence, de la mortalité et de la prévalence du cancer qui apparaîtront au cours des prochaines décennies », a fait remarquer le Dr Freddie Bray, Chef de la Section de la surveillance du cancer au CIRC.

A noter que la base de données établit dans le cadre de l’Observatoire mondial du cancer du CIRC, fournit des estimations de l’incidence et de la mortalité dans 185 pays pour 36 types de cancer cette année.

« Il est urgent de s’attaquer à la maladie en tant que question de santé publique et problème économique, par une action efficace contre le cancer », a insisté la Dr Weiderpass.

« La prévention du cancer a un rôle clé à jouer. Des interventions efficaces de prévention et de détection précoce sont disponibles et doivent être intégrées dans la planification de la lutte contre le cancer afin de contrôler la recrudescence prévue de cette maladie dévastatrice », a conclu la Directrice du CIRC.

 

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