Yémen : le Conseil de sécurité condamne l’escalade militaire dans plusieurs régions du pays

14 décembre 2020

Dans une déclaration à la presse publiée dimanche soir, le Conseil de sécurité des Nations Unies a condamné l'escalade militaire au Yémen, notamment dans les régions de Mareb, Hodeïda et Taëz, et a appelé à la mise en oeuvre de l’appel à un cessez-le-feu mondial.

Les membres du Conseil ont aussi appelé les belligérants à participer aux mécanismes de mise en œuvre de la Mission des Nations Unies pour soutenir l'Accord de Hodeidah (UNMHA) et ont fermement condamné l'attaque des rebelles houthis contre les installations pétrolières de Djeddah, en Arabie saoudite, le 23 novembre.

Une réunion à huis-clos du Conseil de sécurité par visioconférence s’est tenue lundi. L'Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Martin Griffiths, le chef des affaires humanitaires des Nations Unies, Mark Lowcock, et le chef de l’UNMHA, le général Abhijit Guha, ont fait le point de la situation devant les membres du Conseil.

Dans leur déclaration à la presse de dimanche soir, les membres du Conseil ont réaffirmé leur attachement à un processus politique inclusif dirigé par le Yémen et sous l'égide des Yéménites. Ils ont appelé à la mise en œuvre de l’Accord de Riyad et demandé aux belligérants de se réunir d’urgence sous les auspices de M. Griffiths pour surmonter les divergences sur la déclaration commune, dans le contexte du deuxième anniversaire de l'Accord de Stockholm.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a noté pour sa part dans une déclaration à la presse publiée lundi, que l’Accord de Stockholm a représenté « une percée diplomatique qui a offert une lueur d'espoir que la fin du conflit dévastateur au Yémen était proche ».

« Malheureusement, il reste encore beaucoup à faire pour atteindre cet objectif commun - et les souffrances profondes du peuple yéménite ont persisté », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a appelé les parties à honorer les engagements qu'elles ont pris à Stockholm, notamment en participant pleinement et inconditionnellement au Comité de coordination du redéploiement et à ses mécanismes conjoints connexes, et en appliquant les termes du cessez-le-feu sur le terrain.

« Il est crucial d'éviter toute action qui pourrait aggraver la situation désastreuse au Yémen. J'exhorte les parties à s'engager de bonne foi avec mon Envoyé spécial. Ce n'est que par le dialogue que les parties yéménites pourront s'entendre sur un cessez-le-feu à l'échelle nationale, des mesures de confiance économiques et humanitaires pour alléger les souffrances du peuple yéménite, ainsi que sur la reprise d'un processus politique inclusif pour parvenir à un règlement global négocié pour mettre fin le conflit », a-t-il ajouté.

16 millions de Yéménites menacés par la famine d’ici juin 2021

Le Conseil de sécurité s’est également dit inquiet des estimations selon lesquelles 13,5 millions de personnes au Yémen sont menacés de famine et sont déjà confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Alors que ce chiffre pourrait atteindre au moins 16 millions d'ici juin 2021, il a jugé inquiétant l’avertissement de la communauté humanitaire selon laquelle elle pourrait devoir interrompre ses programmes en raison du manque de financement.

Les membres du Conseil ont appelé tous les donateurs de la communauté internationale, y compris dans la région, à se mobiliser de toute urgence pour octroyer l’argent promis avant la fin de l'année et à verser rapidement et généreusement des contributions en 2021. Ils ont noté le rôle central du conflit en cours et de l’effondrement économique dans la propagation du risque de famine et ont exhorté les partenaires du Yémen à envisager toutes les mesures possibles pour renforcer l’économie, y compris de nouvelles injections de devises à la Banque centrale.

Les membres du Conseil ont souligné l’ingérence continue dans les opérations d’aide humanitaire et le risque que cela représente pour la vie des personnes vulnérables qui ont besoin d’assistance.

Tout en prenant note des mesures initiales prises par les Houthis pour résoudre ces problèmes, ils ont souligné que des progrès supplémentaires étaient indispensables pour permettre aux organisations humanitaires de continuer à fournir une assistance vitale à des millions de personnes vulnérables dans tout le Yémen. Ils ont appelé toutes les parties yéménites à faciliter d'urgence un accès humanitaire complet, sûr et sans entrave.

Selon le chef de l’ONU, l'Accord de Stockholm a contribué à éviter une escalade militaire catastrophique à l'époque, préservant ainsi le fonctionnement continu bien que limité des ports de la mer Rouge et l'entrée de marchandises commerciales et d'une aide humanitaire essentielle, dont dépendent des millions de Yéménites pour survivre.

« La préservation de cette bouée de sauvetage est encore plus vitale maintenant que des poches de conditions de famine sont revenues au Yémen et que des millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire grave et croissante, en particulier dans le contexte de la pandémie de Covid-19. J'appelle tous les États membres à intensifier leur soutien financier aux opérations de secours des Nations Unies et à contribuer à faire face à la grave crise économique dans le pays », a-t-il dit.

 

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