REPORTAGE - Covid-19 : les bénévoles, nos héros de tous les jours

5 décembre 2020

Au cœur de la pandémie de Covid-19, les bénévoles ont fait preuve d’un élan de solidarité exceptionnel à travers le monde. Héros ordinaires, ils ont répondu aux appels à l’aide de leur communauté.

« Ils aident les groupes vulnérables, luttent contre la désinformation, éduquent les enfants, fournissent des services essentiels aux personnes âgées et apportent un soutien au personnel sanitaire de première ligne », déclare le Secrétaire général António Guterres, à l’occasion de la Journée internationale des volontaires célébrée chaque année le 5 décembre.

Dans le cas de l’Europe, une vague de solidarité a déferlé, à commencer par la France, où la plateforme ‘Tous Bénévoles’ a vu son nombre d’inscrits doubler en 2020, soit 40.000 nouveaux bénévoles. Ces volontaires aux profils variés répondent à des demandes d’aide tout aussi diverses : aide aux personnes âgées ou handicapées, aux migrants, aux élèves, mais aussi dans les banques alimentaires.

« C’est une des rares choses positives de la Covid-19 », commente Isabelle Persoz, Présidente de ‘Tous Bénévoles’. Elle note que de plus en plus de jeunes qui se tournent vers le bénévolat y adhèrent en masse, d’où la création d’un site web qui leur est spécialement dédié.

Le Comité international de la Croix-Rouge confirme la tendance, avec des centaines de milliers de nouveaux volontaires à travers le monde, dont 48.000 rien qu’aux Pays-Bas.

« On ne peut sans doute pas répondre (…) à toutes les offres de volontariat qui nous viennent de l’extérieur », raconte Natacha Dewitte, Adjointe à la Direction de Département des ressources humaines (Pôle volontariat) de la Croix-Rouge en Belgique francophone.

Grâce à l’afflux de volontaires, la Croix-Rouge a pu maintenir ses actions de secours comme ses actions sociales, et accompagner de façon inédite le tri devant les hôpitaux et les centres de test. L’Organisation a même reçu l’offre exceptionnelle d’une société de production de cinéma et de casting qui est venue aider à la mise en place d’un hub alimentaire.

Un optimisme à toute épreuve

Les volontaires qui se sont mobilisés au cœur de la pandémie brillent non seulement par leur altruisme, mais aussi par leur optimisme.

Valérie Verbelen, 50 ans, habitante d’Ottembourg, est volontaire de terrain pour la Croix-Rouge belge depuis mars 2019. Formée aux premiers secours, elle n’a pas hésité une seconde à prêter main forte aux hôpitaux. « Je trouvais que c’était important de donner de mon temps », affirme-t-elle.

Certains paradoxes étaient quand-même difficiles à surmonter. « D’habitude, on se rapproche des gens, et là on était obligés de garder nos distances pour les protéger, et nous protéger aussi d’ailleurs ».

Andrea Dehaene, 22 ans, est étudiante en médecine et vit à Mullem en Belgique. Volontaire au centre de test des personnes asymptomatiques au Covid-19 de l’Hôpital universitaire de Gand, elle ne regrette pas son choix. « On se sent bien quand on a l’impression de contribuer à la lutte contre la pandémie. Et en même temps, j’apprends de nouvelles choses », se réjouit-elle.

Les efforts de ces volontaires passionnés forcent l’admiration. « Les volontaires peuvent apporter une énorme valeur supplémentaire à la société à un faible coût », déclare Joost van Alkemade, Directeur et Community manager de l’Association des organisations de volontaires néerlandais (NOV).

Entre peur et solidarité, un choix pas si aisé

Mais la pandémie a aussi un effet pervers : certains séniors, qui sont des personnes particulièrement à risque, se sont vu refuser la possibilité d’aider sur le terrain par souci pour leur santé. En conséquence, la Croix-Rouge française a perdu 11.000 bénévoles de plus de 60 ans en un jour. « Pour ces bénévoles, c’est difficile de ne pas être en présentiel car le bénévolat était une manière de retrouver du lien social », déplore Isabelle Persoz.

Cet obstacle n’a pas de quoi arrêter Amedeo Miceli, 64 ans, Président de la Maison Croix-Rouge de la Louvière en Belgique et bénévole depuis 2015. La Maison, qui distribue des colis d’urgence et tient une épicerie sociale, a été prise d’assaut au début de la pandémie

« Pendant la première vague, nous avons vu exploser les demandes d’aide urgentes en alimentation, cela a progressé par 200-300% sur quelques mois », se rappelle Amédéo Miceli, qui ne recule ni devant la fatigue, ni devant le virus. « Depuis le mois de mars je suis sur le terrain. Je n’ai pas peur… C’est une grosse fatigue, mais on ne pouvait pas reculer, et on ne pouvait pas tourner le dos ».

Avec la crise économique qui accompagne la pandémie et se poursuivra, le besoin de bénévoles restera important. Cette année par exemple les « Restos du cœur » prévoient une forte augmentation des besoins en assistance alimentaire.

« Tout le monde peut être bénévole, la première chose à avoir c’est de la bonne volonté, toute action a de la valeur », conclut Isabelle Persoz.

Un reportage réalisé par le Centre d'information des Nations Unies pour l'Europe occidentale (UNRIC), basé à Bruxelles.

 

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