Au Liban, « les voix du peuple doivent être entendues », souligne le chef de l’ONU

2 décembre 2020

Lors d’une conférence sur le Liban organisée, mercredi, par la France, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres a appelé à concentrer les efforts de la communauté internationale sur les personnes les plus vulnérables.

Quatre mois après les explosions qui ont ravagé la capitale libanaise Beyrouth, le Président de la République française, Emmanuel Macron, a organisé une visioconférence « de soutien à la population libanaise ». « Quatre mois durant lesquels les familles des victimes continuent de chercher des réponses, et des milliers d'habitants continuent de pâtir de la destruction de leurs maisons et lieux de travail », a rappelé M. Guterres.

La communauté internationale a rapidement réagi et apporté une réponse d’urgence au lendemain des explosions. Le Secrétaire général a rappelé, lors de cette conférence qui vise à établir le bilan de l’aide apporté, que l’heure est venue de « faire le point sur la situation » au pays du Cèdre.

Au Liban comme ailleurs, les effets de la pandémie de Covid-19 aggravent davantage encore une situation économique et financière déjà fragile. La pauvreté continue d'augmenter et les secteurs de la santé et de l'éducation sont débordés. L’accès aux services publics, y compris la fourniture d'eau et d'électricité, est sérieusement ébranlé.

Pour beaucoup, l’alimentation est devenue un défi quotidien. Un nombre croissant de familles libanaises – mais aussi de réfugiés et de migrants hébergés au Liban – ne peuvent pas se permettre une alimentation suffisante et équilibrée.

« La frustration sociale demeure », a constaté le chef de l’ONU, « alors que la population attend les résultats d'une enquête transparente, impartiale et crédible des causes de l'explosion ».

« Le peuple libanais attend également, depuis trop longtemps, la formation d'un nouveau gouvernement, qui aura la capacité de mettre en œuvre les réformes indispensables pour conduire le Liban sur la voie de la reprise », a également rappelé M. Guterres.

Le 10 août, six jours après les explosions à Beyrouth, le gouvernement libanais dirigé par Hassan Diab a présenté sa démission. Le diplomate Moustapha Adib avait été appelé à former un nouveau gouvernement mais a finalement renoncé faute de pouvoir trouver un accord sur la répartition des portefeuilles ministériels. A la tête du gouvernement libanais de 2016 à 2019, Saad Hariri a de nouveau été désigné Premier ministre, le 22 octobre, mais n’a pas encore été en mesure de constituer un cabinet à ce jour.

« Nous devons continuer, d’une seule voix, d’appeler les dirigeants libanais à mettre de côté les intérêts politiques partisans et à former un gouvernement qui protège et répond de manière adéquate aux besoins de la population », a insisté le Secrétaire général.

Aider les Libanais à sortir de la phase d'urgence

« Face ce sombre tableau, nous devons évaluer les niveaux de soutien offert par rapport aux besoins continus de la population », a souligné M. Guterres. « Nos efforts doivent se concentrer sur les plus vulnérables », a-t-il insisté.

Avec le lancement du Cadre de réforme, de relèvement et de reconstruction, préparé conjointement par la Banque mondiale, l'Union européenne et les Nations Unies, le Secrétaire général estime que la communauté internationale et le Liban dispose d’un plan.

« Grâce à ce cadre - le 3RF - nous pouvons, ensemble, aider le peuple libanais à sortir de la phase d'urgence et à s'engager sur la voie d'un relèvement et d'une reconstruction à plus long terme », a-t-il dit. « Nous pouvons répondre aux besoins de relèvement et de reconstruction de Beyrouth, en particulier du port, ainsi que des zones touchées et des communautés touchées ».

Avec une approche de planification urbaine durable et une action de relance socio-économique rapide, le chef de l’ONU estime que la revitalisation de Beyrouth « en tant que cœur battant du Liban » peut commencer.

De manière significative, le cadre 3RF comprend un ensemble ciblé de réformes, que le chef de l’ONU juge essentielles pour faciliter le relèvement et la reconstruction et s'attaquer aux causes profondes de la crise.

« L'engagement continu des parties prenantes non gouvernementales est essentiel », a tenu à préciser M. Guterres. « Les voix du peuple doivent être entendues ».

Le Secrétaire général a appelé à mobiliser davantage de soutien pour les besoins urgents des familles et des entreprises touchées par les explosions, ainsi que pour les personnes vulnérables, pauvres et marginalisées. Il a réitéré que l’ONU continuera d’aider le Liban et son peuple à parvenir à un redressement durable et à long terme.
 

 

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