A la CPI, ouverture du procès d’un djihadiste malien accusé d’avoir commis des crimes à Tombouctou

14 juillet 2020

Le procès d’un djihadiste malien, Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud, qui est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité prétendument commis à Tombouctou, dans le nord du Mali, en 2012 et 2013, s’est ouvert mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas.

Le procès a débuté devant la Chambre de première instance X de la CPI, composée du juge Antoine Kesia-Mbe Mindua, juge président, de la juge Tomoko Akane et de la juge Kimberly Prost, a précisé la CPI dans un communiqué de presse.

En raison de la situation actuelle liée au Covid-19, les participants prendront part à l'audience soit depuis le siège de la CPI ou soit à partir d'endroits distincts en dehors de la Cour.

Le mandat d'arrêt à l'encontre d'Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud a été délivré le 27 mars 2018 et il a été remis à la CPI le 31 mars 2018.

En février 2020, la CPI a rejeté l’appel de M. Al Hassan, confirmant la décision de la Chambre préliminaire I du 27 septembre 2019, qui avait estimé que l'affaire était suffisamment grave pour justifier que la Cour y donne suite.

Selon la CPI, d’avril 2012 à janvier 2013, alors que Tombouctou était sous la domination des groupes armés Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et Ansar Eddine, M. Al Hassan « aurait joué un rôle de premier plan dans la commission des crimes et la persécution religieuse et sexiste infligée par ces groupes armés à la population civile ».

Il « aurait pris part à la destruction des mausolées des saints musulmans à Tombouctou et participé à la politique de mariages forcés dont des Tombouctiennes ont été victimes, qui ont donné lieu à des viols répétés et à la réduction de femmes et de jeunes filles à l’état d’esclaves sexuelles».

« Le Mali mérite justice », selon la Procureure de la CPI

« Aujourd'hui, commence le procès tant attendu des crimes inimaginables qui ont été commis au Mali », a déclaré la Procureure de la CPI, Fatou Bensouda, à l’ouverture du procès mardi.

« Tombouctou a vécu pendant presqu'un an, d'avril 2012 à janvier 2013, dans la violence physique et morale infligée par les groupes armés Ansar Dine et Al Qaeda au Maghreb Islamique. Tombouctou, ‘la perle du désert’, où la population vivait en paix depuis des années, a été soumise à leurs diktats. Tombouctou a subi leur tyrannie », a-t-elle ajouté.

Selon la Procureure, « c'est là le cœur de la présente affaire : le recours à la violence, la commission de crimes sur des habitants rabaissés, humiliés, violentés et, pour tout dire, soumis à une véritable persécution pour des motifs religieux et sexistes dont ils ne voyaient pas la fin et dans laquelle Al Hassan, l'âme pensante et agissante de la police islamique, a joué un rôle central ».

Mme Bensouda a affirmé que « cette affaire n'est aucunement dirigée contre l'Islam » mais que « c'est simplement une affaire pénale impliquant des crimes graves ».

« Le Mali mérite justice. Les victimes des crimes commis par l'accusé méritent justice. Cette Cour a la possibilité d'apporter une contribution importante et tangible à ce besoin et à cette aspiration », a-t-elle conclu.

 

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