Covid-19 : l'ONU prévoit un impact désastreux de la pandémie sur la santé des femmes

28 avril 2020

Plus de 47 millions de femmes pourraient perdre l'accès à la contraception, ce qui entraînerait 7 millions de grossesses non désirées dans les mois à venir, selon des données publiées ce mardi par l'agence des Nations Unies pour la santé sexuelle et reproductive.

« Ces nouvelles données montrent l'impact catastrophique que le Covid-19 pourrait bientôt avoir sur les femmes et les filles dans le monde entier. La pandémie accentue les inégalités et des millions de femmes et de filles supplémentaires risquent désormais de perdre la capacité de planifier leur famille et de protéger leur corps et leur santé », a déclaré le Dr Natalia Kanem, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

« La santé et les droits des femmes en matière de procréation doivent être sauvegardés à tout prix. Les services doivent se poursuivre, les fournitures doivent être livrées et les personnes vulnérables doivent être protégées et soutenues », a-t-elle ajouté.

Alors que la pandémie de Covid-19 fait rage, le nombre de femmes qui n'ont pas accès à la planification familiale, qui sont confrontées à des grossesses non désirées, à la violence sexiste et à d'autres pratiques néfastes pourrait ainsi monter en flèche de plusieurs millions de cas dans les mois à venir.

L'étude révèle l'ampleur considérable de l'impact du Covid-19 sur les femmes, alors que les systèmes de santé sont surchargés, que les établissements ferment ou ne fournissent qu'un ensemble limité de services aux femmes et aux jeunes filles, et que beaucoup choisissent de sauter des examens médicaux importants par crainte de contracter le virus.

Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement mondiale peuvent également entraîner d'importantes pénuries de contraceptifs et la violence sexiste devrait s'intensifier, les femmes étant enfermées chez elles pendant de longues périodes.

47 millions de femmes privées de contraceptifs modernes

FNUAP / Omar Gharzeddine
Un centre de santé soutenu par le FNUAP à 400 kilomètres au sud-ouest de Kampala, la capitale de l'Ouganda, comprend un quartier où les femmes à la fin de leur grossesse peuvent rester confortablement et éviter les voyages pénibles une fois que l'accouchement commence.

 

Selon l’étude de l'UNFPA, 47 millions de femmes dans 114 pays à faible et moyen revenu risquent de ne pas pouvoir accéder à des contraceptifs modernes et 7 millions de grossesses non désirées devraient se produire si le confinement se poursuit pendant 6 mois et si les services de santé sont fortement perturbés. Chaque période de trois mois supplémentaire de poursuite du confinement signifie que jusqu'à deux millions de femmes supplémentaires risquent de ne pas pouvoir utiliser de contraceptifs modernes.

D’après l’agence onusienne, on peut s'attendre à ce que 31 millions de cas supplémentaires de violence fondée sur le sexe se produisent si le confinement se poursuit pendant au moins six mois. Pour chaque période de trois mois, on s'attend à ce que 15 millions de cas supplémentaires de violence sexiste se produisent.

En raison de l'interruption des programmes de prévention des mutilations génitales féminines en réponse au Covid-19, 2 millions de cas de mutilations génitales féminines qui auraient pu être évités pourraient se produire au cours de la prochaine décennie.

Le Covid-19 perturbera les efforts visant à mettre fin aux mariages d'enfants, ce qui pourrait se traduire par 13 millions de mariages d'enfants supplémentaires entre 2020 et 2030, qui auraient pu être évités autrement.

L'UNFPA travaille avec les gouvernements et ses partenaires afin de donner la priorité aux besoins des femmes et des filles en âge de procréer et de répondre de toute urgence à cette situation d'urgence en matière de santé publique.

Ses priorités sont axées sur le renforcement des systèmes de santé, l'achat et la livraison de fournitures essentielles pour protéger les travailleurs de la santé, la garantie de l'accès aux services de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre la violence sexiste, et la promotion de la communication des risques et de l'engagement communautaire.

L'étude a été menée par l'UNFPA, avec des contributions d'Avenir Health, de l'Université Johns Hopkins (États-Unis) et de l'Université Victoria (Australie). Ses projections étaient basées sur des recherches récentes de l'UNFPA sur ce qui sera nécessaire pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) d'ici 2030.

Pour chaque estimation, les chercheurs ont projeté l'impact direct du Covid-19 sur la question examinée et l'ont combiné avec la perturbation des programmes de prévention mondiaux causée par la pandémie.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

La récession mondiale due au Covid-19 pourrait causer des centaines de milliers de décès d’enfants en plus

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a prévenu jeudi que la récession économique mondiale provoquée par les mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19 pourrait causer une forte augmentation des décès d’enfants, se chiffrant par centaines de milliers.