Covid-19 : ce n’est pas le moment d’assouplir les mesures de confinement en Europe (OMS)

8 avril 2020

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exhorté les pays européens à ne pas relâcher les mesures de confinement de Covid-19 et a souligné qu’il restait « un long chemin à parcourir » pour vaincre la pandémie.

En dépit de «signes positifs» observés dans certains pays de la région, la branche européenne de l’OMS estime qu’il est trop tôt pour adoucir les mesures.

« Ce n’est pas le moment d’assouplir les mesures. Il est temps de doubler et de tripler une fois de plus nos efforts collectifs en faveur de l’élimination (du nouveau coronavirus), avec le soutien de la société tout entière», a affirmé Dr Hans Henri P. Kluge, Directeur régional de l’OMS pour l’Europe, lors d’une conférence de presse diffusée en ligne depuis Copenhague (Danemark).

« Nous avons encore un long chemin à parcourir », a-t-il déclaré. « Nous devons rester engagés », a-t-il ajouté.

Selon le Bureau régional de l’OMS, les progrès réalisés jusqu’à présent dans la lutte contre le virus sont « extrêmement fragiles ». Donc tout assouplissement des mesures de distanciation sociale nécessite « une réflexion plus approfondie », a estimé le Dr Kluge.

Cette mise en garde intervient alors que l’agence onusienne constate « des niveaux de mortalité plus élevés, voire beaucoup plus élevés que prévu, toutes causes confondues, dans certains pays ».

« Cette augmentation inattendue concerne principalement les personnes de plus de 65 ans, et constitue un marqueur de l’activité du Covid-19 depuis la mi-mars », a souligné le Dr Kluge.

Sept des dix pays les plus touchés dans le monde sont situés dans la région européenne. Après les États-Unis (10.845 décès et 363.321 contaminations), suivent l’Espagne (13.055 morts sur plus de 135.000 cas), l’Italie (16.525 morts et 132.547 cas), l’Allemagne (1.607 décès et 99.225 cas), la France (8.911 et 74.390 cas), puis après la Chine (3.342 morts et 83.157 cas), l’Iran (3.872 décès et 62.589 cas) et le Royaume-Uni (5.373 décès et 51.608 cas).

Plus globalement, les cas en Europe représentent environ la moitié de ceux enregistrés dans le monde, « le nombre de victimes ayant augmenté de manière exponentielle ».

Selon l’OMS, les nouveaux cas confirmés continuent d’augmenter dans l’ensemble de la région européenne. Le nombre total de cas confirmés en laboratoire ce mercredi matin dans 53 pays et 7 territoires était de 687.236 contaminations dont 52.824 décès.

La Lombardie en Italie et Madrid en Espagne sont les plus touchées par la pandémie

Les premiers cas dans la région européenne ont été signalés le 24 janvier 2020. Et à la 15ème semaine de ce combat mondial contre le nouveau coronavirus, des progrès notables sont observés en Autriche, aux Pays-Bas et en Suisse.

« Dix jours après la mise en œuvre de vastes mesures sociales et de santé publique, le nombre de cas a commencé à diminuer aussi en Allemagne », a précisé Dr Kluge.

De plus, certains pays, comme l’Italie et l’Espagne commencent à voir le taux de nouveaux cas ralentir en raison des mesures de confinement.

La situation en Europe reste encore très préoccupante - Dr Hans Henri P. Kluge, Directeur régional de l’OMS pour l’Europe

« Si l’on examine de plus près la première tendance, on constate que l’Espagne compte désormais plus de cas que l’Italie. Toutefois, après 15-20 jours depuis la mise en œuvre des mesures restrictives, la croissance des cas semble s’être ralentie et le taux de nouveaux décès montre également des signes de déclin », a fait valoir le Chef du Bureau régional de l’OMS.

Toutefois, les cas ne sont pas répartis de manière uniforme à l’intérieur des pays. La Lombardie en Italie et Madrid en Espagne sont les plus touchés par la pandémie dans leur pays. « Heureusement dans les deux cas, le nombre de décès quotidiens se stabilise », a-t-il ajouté.

Mais de façon générale, le Dr Kluge juge la situation en Europe encore « très préoccupante ». Des pays comme la Turquie (30.217 cas dont 649 morts) et la Suède (7.206 cas dont 477 morts) connaissent une « poussée ». De plus, l’OMS a constaté une hausse des cas en Israël, en Ukraine, en Belgique et en Norvège.

En demandant aux pays de ne pas relâcher la pression, la branche européenne de l’OMS appelle tous les pays, quel que soit leur statut actuel de transmission, à protéger leur personnel de santé.

« Je ne peux pas le dire mieux que Laura, une infirmière fraîchement diplômée de la région des Abruzzes en Italie. Avec ses propres mots : 'Pour l’avenir... je veux entendre les patients qui sortent de l’hôpital dire : J’ai survécu à Covid-19. C’est ce qui me motive et me permet de continuer' », a insisté le Dr Kluge.

Pour l’OMS, cette pandémie et son impact sur nos vies sont exceptionnels. Chaque jour, chaque minute, « nous recueillons des preuves, partageons des connaissances et prenons des mesures pour arrêter ce virus et pour rendre la réponse sanitaire plus solide et durable », a-t-il ajouté.

 

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