Cancer de la vessie : un simple test d’urine pourrait améliorer considérablement le dépistage précoce

20 février 2020

Une nouvelle étude, menée par des chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en collaboration avec des partenaires internationaux, montre que les mutations des gènes spécifiques du cancer de la vessie peuvent être détectées dans l’urine des individus jusqu’à 10 ans avant le diagnostic clinique de la maladie. 

« Ce test pourrait améliorer et simplifier considérablement la manière dont le cancer de la vessie est détecté », a déclaré Dr Florence Le Calvez-Kelm, scientifique au CIRC et auteure principale de l’étude. 

Selon cette agence spécialisée dans le cancer de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le test est basé sur la détection de mutations des gènes de la télomérase transcriptase inverse (TERT) qui sont les mutations « les plus courantes » dans le cancer de la vessie.

Les nouveaux résultats pourraient améliorer considérablement la détection précoce du cancer de la vessie grâce à un simple test d’ADN urinaire. « Un simple test d’urine a récemment été mis au point, et ces nouveaux résultats constituent une nouvelle étape passionnante vers la validation d’un outil de dépistage précoce et de diagnostic non invasif », a ajouté l’auteure principale de l’étude. 

Le diagnostic du cancer de la vessie repose encore largement sur la cystoscopie

Les scientifiques du CIRC ont ainsi évalué la performance des mutations de l’agent du TERT comme biomarqueurs de détection précoce du cancer de la vessie. Des échantillons d’urine ont été recueillis jusqu’à 10 ans avant le diagnostic clinique auprès de 38 personnes asymptomatiques qui ont ensuite développé un cancer de la vessie, ainsi que de 152 témoins appariés non cancéreux. 

Les résultats ont montré que ces transmutations pouvaient être détectées jusqu’à 10 ans avant le diagnostic clinique chez près de la moitié des personnes asymptomatiques qui ont ensuite développé un cancer de la vessie et chez aucun des témoins appariés.

Cette agence spécialisée onusienne basée à Lyon (France) note que la capacité de détecter ces mutations TERT dans des échantillons d’urine pré-diagnostiqués constitue « un potentiel énorme ». Une avancée en tant qu’outil non invasif pour le dépistage précoce du cancer de la vessie et potentiellement pour le dépistage fructueux des personnes à haut risque de développer la maladie. 

Elle est particulièrement importante étant donné qu’aucun des tests urinaires actuellement disponibles n’est recommandé par les sociétés d’urologie, en raison du manque de preuves de leur efficacité pour la détection précoce. « Par conséquent, le diagnostic du cancer de la vessie repose encore largement sur des interventions plus invasives et coûteuses, telles que la cystoscopie », font valoir les scientifiques du CIRC.

Possibilité d’évaluer les biomarqueurs urinaires pour le dépistage

A noter que l’année dernière, les scientifiques de cette agence spécialisée dans le cancer de l’OMS ont montré que le test d’ADN urinaire UroMuTERT avait les performances cliniques requises pour détecter le cancer de la vessie au moment du diagnostic-2.  

Les chercheurs du CIRC ont donc collaboré avec l’Université des sciences médicales de Téhéran (Iran) et l’Institut national du cancer des États-Unis pour concevoir une étude pilote unique. 

Une collecte d’échantillons d’urine a été effectuée sur plus de 50.000 Iraniens qui ont été suivis pendant plus de 10 ans. « L’Etude de cohorte du Golestan est l’une des rares cohortes prospectives basées sur la population qui offre la possibilité d’évaluer les biomarqueurs urinaires pour la détection préclinique du cancer de la vessie », a fait remarquer Professeur Reza Malekzadeh, chercheur principal de l’Etude de cohorte du Golestan et coauteur principal de l’étude.

Avec cette découverte, les scientifiques du CIRC collaborent maintenant avec un certain nombre d’études de cohorte prospectives pour valider les résultats de cette étude. 

 

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