Santé : l'ONU appelle à réduire les inégalités sociales face au cancer

12 avril 2019

Une nouvelle publication scientifique du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) examine le problème des inégalités sociales face au cancer au niveau mondial.

La publication de cette agence spécialisée sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) résume les meilleures preuves scientifiques disponibles sur la base des connaissances de plus de 70 scientifiques internationaux issus de diverses disciplines.

Intitulée Réduire les inégalités sociales face au cancer : données probantes et priorités pour la recherche, la publication met en évidence les importantes variations de l'incidence, de la survie et de la mortalité par cancer qui existent entre pays et, au sein des pays et entre groupes sociaux. « Un accent particulier est mis sur la façon dont le phénomène des inégalités face au cancer évolue et se modifie au fil du temps, sous l’effet de facteurs sociaux économiques, politiques, législatifs et technologiques; cela concerne tout le monde, mais les personnes les plus défavorisées sont particulièrement touchées », a déclaré le Docteur Salvatore Vaccarella, chercheur au Centre d’infection du CIRC et coordinateur de cette étude.

Les inégalités sociales ont un impact important à tous les stades du cancer et de la vie. Les différences entre les groupes sociaux affectent non seulement l’exposition d’un individu aux facteurs de risque et à la probabilité de développer un cancer, mais aussi l'accès aux installations de dépistage, de diagnostic et de traitement, y compris aux soins palliatifs. Les inégalités liées au cancer, qui ont également des conséquences économiques majeures sont en grande partie évitables, même si cela peut nécessiter une action concertée à plusieurs niveaux.

Les inégalités de cancer entre les pays et à l'intérieur des pays

Les pays à revenu élevé ont des taux d’incidence beaucoup plus élevés de tous les cancers combinés que la plupart des pays à revenu faible et élevé, principalement en raison de facteurs de risque liés à l'environnement et au mode de vie.

Malgré des taux d'incidence plus faibles pour certains types de cancer, les taux de mortalité dans les pays à revenu faible ou intermédiaire sont souvent similaires, voire parfois supérieurs, à ceux des pays à revenu élevé, principalement en raison d’un manque d’accès à un diagnostic et à un traitement rapide.

Dans presque tous les pays du monde, les taux de mortalité liés au cancer sont disproportionnellement plus élevés dans les pays à faible revenu et dans les groupes défavorisés, tels que les peuples autochtones, les groupes ethniques minoritaires et les réfugiés. En Colombie, les femmes à faible niveau de scolarité,  ont un taux de mortalité par cancer du col de l’utérus presque cinq fois supérieur à celui des femmes ayant une éducation supérieure. En Australie, les peuples autochtones ont un taux de mortalité 30% supérieur à celui des non-autochtones.

Des systèmes de santé défaillants peuvent exacerber les inégalités dans la lutte contre le cancer

Les types de cancer varie selon la position socio-économique. Dans les pays et les groupes défavorisés, on observe un plus grand nombre de cancers liés au tabac et aux infections, que chez les personnes ayant une position socio-économique plus élevée.

Parmi les plus défavorisés, les facteurs de risque des cancers les plus fréquents sont en général liés aux infections, à une mauvaise alimentation, à la consommation excessive d'alcool ou de tabac. En 2014, la prévalence du tabagisme aux États-Unis était de 30% chez hommes au-dessous du seuil de pauvreté, contre 18% chez les hommes au-dessus de ce seuil.

Des disparités importantes existent entre les pays en matière de traitement du cancer. Les personnes vivant dans les pays à revenu intermédiaire ou ceux dont la situation socioéconomique est faible ont tendance à avoir un accès limité aux interventions préventives, au dépistage précoce, au diagnostic, au traitement et aux soins palliatifs. Moins de 25% de la population mondiale a accès à une chirurgie anticancéreuse de base. Des systèmes de santé défaillants peuvent exacerber les inégalités en matière de cancer.

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