Syrie : détérioration de la situation humanitaire à Idlib avec l’intensification des combats

7 janvier 2020

Au moins 300.000 civils ont été déplacés par les bombardements et les combats dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie. La détérioration de la situation humanitaire est alarmante alors que plus de trois millions de civils restent piégés dans une zone de guerre - la grande majorité des femmes et des enfants, a indiqué mardi OCHA, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies. 

 « Ces civils ont fui leurs foyers dans le sud d’Idlib depuis la mi-décembre, à la suite d’une forte escalade des hostilités », a déclaré dans un communiqué, Mark Cutts, Coordinateur humanitaire régional adjoint pour la Syrie.

Au moins 13 établissements de santé à Idlib ont récemment été contraints de suspendre leurs activités en raison de la situation sécuritaire, ce qui a exacerbé les souffrances de la population locale et accru les niveaux de vulnérabilité. « Dimanche, nous avons reçu des informations selon lesquelles au moins neuf civils auraient été tués et 20 autres blessés à Ariha, à la suite de frappes aériennes dans la région », a indiqué M. Cutts. 

Selon le personnel humanitaire sur le terrain, les frappes aériennes ont entraîné la destruction et la détérioration de bâtiments, dont une école, un jardin d’enfants et une mosquée.

« Ce n’est là qu’un exemple du cauchemar quotidien auquel est confrontée la population civile d’Idlib », a ajouté M. Cutts, tout en rappelant que cet incident fait suite à une série d’incidents similaires et tout aussi inquiétants survenus ces dernières semaines. Des frappes aériennes et des bombardements ont lieu maintenant presque quotidiennement dans de nombreuses villes et villages.

Photo PAM Syrie
Des dizaines de milliers de personnes sont déplacées par le conflit dans la province d'Idlib en Syrie.

1.300 civils tués par des raids aériens et bombardements entre mai et août

Cette dernière vague de déplacement aggrave déjà « une situation déjà désespérée à Idlib » - un gouvernorat densément peuplé qui accueille déjà des personnes déplacées venant de toute la Syrie.

Selon l’ONU, 400.000 personnes supplémentaires dans le sud d’Idlib ont été déplacées et « au moins 1.300 civils ont été tués par des frappes aériennes et des bombardements entre mai et août l’année dernière ». Cela porte le nombre total de personnes déplacées par les combats à Idlib au cours des huit derniers mois à plus de 700.000.

Mais ces derniers mouvements de population interviennent en plein hiver, avec « des températures très froides ». Cela pose, selon les humanitaires, des risques supplémentaires pour les personnes qui ont fui avec à peine les vêtements qu’elles portaient. Sur place, un grand nombre de personnes déplacées sont contraints de vivre désormais sous des tentes et des abris de fortune dans « des endroits inhospitaliers », exposés aux intempéries.

« Chaque jour, nous recevons des rapports plus inquiétants de familles prises dans la violence, cherchant refuge et accès aux services essentiels dans des camps surpeuplés et dans les zones urbaines », a insisté le haut responsable humanitaire onusien. Face à l’afflux de déplacés, « des bâtiments publics comme des mosquées, des écoles et d’autres bâtiments publics sont utilisés pour accueillir les familles », a indiqué OCHA

Toutefois, les places disponibles pourraient ne pas suffire « étant donné l’ampleur des déplacements ». En outre, même si les organisations humanitaires luttent pour faire face à l’augmentation des besoins, elles font état « de graves pénuries de nourriture, d’abris, de soins de santé et d’aide pour l’hivernage, ainsi que d’autres services de base nécessaires à la survie, dans tout Idlib ».

Dans ces conditions, l’ONU réitère son appel à toutes les parties au conflit afin qu’elles prennent « toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des civils, conformément au droit international humanitaire ».

L’ONU réitère également l’appel lancé par le Secrétaire général à la fin du mois de décembre en faveur d’une cessation immédiate des hostilités. Le chef de l’ONU avait rappelé que « la seule solution crédible au conflit syrien » est un processus politique facilité par l’ONU, conformément à la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité.

 

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