Ebola en RDC : hausse substantielle de nouveaux cas en près d’une semaine, selon l’OMS

13 décembre 2019

Vingt-sept nouveaux cas de fièvre hémorragique Ebola ont été enregistrés en cinq jours dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), près de zones où la lutte contre l’épidémie est « paralysée » par l’insécurité et les troubles civils.

Ces 27 nouveaux cas, confirmés cette semaine, ont été répertoriés entre le 4 et le 10 décembre dans quatre zones sanitaires situés dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

« Il s’agit d’une augmentation substantielle du nombre de cas signalés, comparativement à la moyenne de sept cas confirmés au cours des trois semaines précédentes », a précisé l’OMS dans son dernier bulletin épidémiologique publiée jeudi 12 décembre. Tous ces cas sont liés à trois chaînes de transmission. Sur ces 27 nouveaux cas, les deux tiers (20) étaient des contacts enregistrés, dont 10 faisaient l’objet d’un suivi régulier.

L’épineuse équation de la réinfection et de la rechute

Une personne transportée depuis l’aire de santé de Lwemba est décédée. Son corps a été intercepté par le personnel d’intervention à un point de contrôle. Un enterrement sûr et digne a été effectué. Selon l’OMS, tous les autres cas ont été dirigés vers un centre de traitement Ebola. Plus largement, la majorité de ces nouveaux cas sont liés à une seule chaîne de transmission, dans laquelle une personne était une source potentielle d’infection pour 17 personnes. Il s’agit de la deuxième documentation de la maladie chez cette personne au cours d’une période de six mois. Une enquête est en cours pour comprendre les circonstances entourant cette affaire.

Parmi les possibilités étudiées figurent la réinfection et la rechute. La réinfection signifierait qu’une personne qui s’est rétablie de la maladie est infectée par le virus d’une autre personne. Mais aucun cas de ce type n’a été documenté à ce jour. De rares cas de rechute ont été documentés, dans lesquels une personne qui s’est rétablie d’Ebola présente à nouveau des symptômes de la maladie.

Au cours de la semaine écoulée, six nouveaux cas ont été recensés parmi les agents de santé, dont cinq étaient des praticiens traditionnels, ce qui porte à 169 le nombre total d’agents de santé infectés dans cette flambée, soit 5% de tous les cas signalés. « Ebola était en retrait. Ces attaques vont redonner de la vigueur à l’épidémie, et par conséquent plus de gens vont mourir », avait d’ailleurs mis en garde le Directeur général de l’OMS, docteur Tedros Adhanom Gebreyesus, après les attaques à Biakato et à Mangina contre du personnel de la riposte à Ebola fin novembre.

2.210 personnes sont mortes d’Ebola

Au cours des 21 derniers jours (du 20 novembre au 10 décembre), 42 cas confirmés ont été signalés dans dans quatre zones sanitaires actives voisines des provinces du Nord-Kivu et d’Ituri. Il s’agit de Mabalako (60 %, avec 25 cas), Mandima (huit cas), Beni (sept cas) et Oicha (deux cas). Selon l’OMS, la majorité des cas (40) sont liés à des chaînes de transmission connues. La zone de santé de Mambasa a récemment enregistré 42 jours sans nouveaux cas confirmés.

Autre bonne nouvelle, dans les zones sanitaires de Beni et de Mabalako, le pourcentage moyen global de contacts sous surveillance au cours des sept derniers jours est revenu aux niveaux observés avant les incidents de sécurité des dernières semaines. Le volume des alertes et la proportion d’alertes ayant fait l’objet d’une enquête dans les 24 heures ont connu des améliorations similaires.

Au total, 2.210 personnes sont mortes de l’épidémie Ebola depuis la déclaration de l’épidémie le 1er août 2018. A la date du mercredi 10 décembre, l’OMS fait état de 3.340 cas d’Ebola ont été signalés, dont 3.222 cas confirmés et 118 cas probables.

 

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