Plus de 1.090 migrants et réfugiés sont morts cette année en Méditerranée

15 novembre 2019

Plus de 1.090 migrants et réfugiés sont morts en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de cette année alors qu’au même moment, plus de 91.500 personnes sont arrivées en Europe par la Méditerranée, selon des chiffres publiés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le nombre de décès est en baisse par rapport à 2018. « Le nombre de décès enregistrés le long des trois principaux itinéraires méditerranéens en date du 13 novembre s’élève à 1.091 décès - soit environ 52% des 2.117 décès confirmés pendant la même période en 2018 », a déclaré lors d’un point de presse ce vendredi à Genève, Joel Millman, porte-parole de l’OIM.

Parmi les 1.091 décès en mer cette année, l’OIM note que plusieurs n’ont été documentés que ces derniers jours. Le Projet de l’OIM sur les migrants disparus a rapporté cette semaine que le long de la route de la Méditerranée occidentale, le corps d’un Marocain mort noyé a été retrouvé le 7 novembre entre Al Hoceima et Chefchaouen, Maroc. Le corps de l’homme a été transporté à l’hôpital Mohamed V de Chefchaouen au Maroc. 

Les « restes » d’un individu qui serait originaire d’Afrique du Nord ont été retrouvés le 8 novembre à Port de Melilla, en Espagne. Il serait tombé d’un camion de marchandises qui se trouvait à bord d’un traversier.

Selon l’agence onusienne pour les migrations, la route de la Méditerranée centrale (Italie et Malte) reste la plus meurtrière pour les réfugiés avec 695 décès, mais très loin des 4.580 morts répertoriées en 2016. Il y a 71 décès sur la Méditerranée orientale (Grèce et Chypre).

Plus de 91.500 personnes sont arrivées en Europe par la mer

Le Bureau de l’OIM en Grèce a signalé qu’en une semaine (8 au 14 novembre 2019), les garde-côtes helléniques ont participé à au moins 23 incidents ayant nécessité des opérations de recherche et de sauvetage au large des îles de Chios, de Lesbos, de Samos, de Kos, de Kalymnos, de Farmakonisi, de Symi, de Samothrace, de Megisti et du port d’Alexandroúpolis. Ils ont secouru 718 migrants au total et les ont transférés vers les ports respectifs.

L’autre cimetière marin pour les réfugiés et les migrants tentant de rejoindre l’Europe par la mer, est la Méditerranée occidentale, cette route reliant l’Afrique du Nord à l’Espagne. Bien que le nombre d’arrivées mensuelles en Espagne soit plus faible cette année, le nombre de décès le long de la Méditerranée occidentale reste élevé - avec 325 décès recensés pendant les dix premiers mois de cette année, contre 678 à cette date en 2018.

Dans le même temps, le Bureau de l’OIM à Madrid souligne que 22.343 migrants sont arrivés en Espagne en date du 3 novembre, contre 50.440 à cette date l’an dernier.  Avec les 50.371 arrivées sur les côtes grecques, le total des migrants arrivés en Grèce et en Espagne représente désormais plus des trois quarts des arrivées. A elles deux, la Grèce et l’Espagne ont accueilli 72.714 migrants, soit environ 79% du total régional.

Ils étaient bien moins nombreux à arriver en Italie, à Malte et à Chypre. Citant des chiffres du Ministère italien de l’intérieur, l’OIM souligne que 9.944 migrants sont arrivés en Italie par la mer en date du 13 novembre, contre 22.518 à la même période en 2018. En outre, l’OIM en Libye déclare qu’en date du 31 octobre, plus de 8.300 migrants ont été interceptés en mer et rapatriés en Libye en 2019.

Au total d’après l’OIM, 91.568 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer en date du 13 novembre, soit une baisse de 11% par rapport aux 103.347 pendant la même période l’an dernier.

 

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