Afghanistan : l’ONU condamne les menaces des Talibans contre la presse

27 juin 2019

Le chef de la Mission des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a condamné jeudi la menace proférée par les Talibans à l’encontre de la presse et réaffirmé la solidarité des Nations Unies avec les professionnels des médias.

Cette semaine, les Talibans ont publiquement menacé de transformer les médias en Afghanistan en cibles militaires.

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Afghanistan, Tadamichi Yamamoto, a appelé les Talibans à annuler leur menace faite contre la presse et les journalistes. Selon lui, de telles menaces « délégitiment les Talibans et les privent de toute prétention à représenter le peuple afghan ».

« La liberté de la presse est essentielle. Les civils ne devraient jamais être délibérément visés par la violence. Ce sont deux principes fondamentaux », a rappelé M. Yamamoto, dans une déclaration.

Pour le chef de la MANUA, « les mots ne doivent jamais mener à la violence. Le seul défi acceptable aux mots est de faire valoir un meilleur argument ».

M. Yamamoto a rappelé que la liberté de la presse en Afghanistan - l’un des endroits les plus dangereux pour les journalistes, selon les Nations unies - se paye à un « prix insupportable ». De nombreux journalistes y ont été tués lors d'attaques préméditées. « Nous ne pouvons que ressentir de l'indignation devant ces actes terribles », a-t-il dit, réaffirmant la détermination de l’ONU à collaborer avec ses partenaires nationaux et internationaux pour protéger les journalistes et lutter contre l’impunité.

« De nombreux journalistes ont perdu la vie en Afghanistan alors qu’ils poursuivaient leurs nobles objectifs. Beaucoup d'autres ont été harcelés, intimidés et passés à tabac dans l'exercice de leurs fonctions », a déploré le Représentant spécial, appelant à ce que des mesures concrètes soient prise pour s'attaquer « aux forces qui menacent les médias ».

Le droit international humanitaire, qui s'applique à toutes les parties au conflit en Afghanistan, y compris les Talibans, interdit les attaques contre des civils à tout moment et en tout lieu. « Les professionnels des médias sont des civils et leurs droits doivent être protégés, en particulier leur droit fondamental d’opérer dans un environnement exempt de toute menace, intimidation ou pression indue de la part de toute entité extérieure, y compris des gouvernements », a précisé M. Yamamoto.

La MANUA continuera d'appuyer le gouvernement afghan, conformément à ses obligations internationales en matière de respect des droits de l'homme, pour qu'il mette en place des mesures qui améliorent la sécurité des journalistes et favorisent la création de médias ouverts, « où aucune voix peur ne sera réduite au silence par la peur », a souligné le Représentant spécial.

 

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