Le Conseil de sécurité de l’ONU condamne la violence meurtrière au Soudan

12 juin 2019

Le Conseil de sécurité de l’ONU a fermement condamné les récentes violences au Soudan et a déploré les morts et les blessés parmi les civils, alors que le pays connaît une situation tendue depuis la chute du Président Omar el-Béchir en avril.

Dans un communiqué de presse publié mardi soir, les membres du Conseil ont exprimé leur profonde sympathie et leurs condoléances aux familles des victimes et souhaité un prompt et complet rétablissement aux personnes blessées.

Les membres du Conseil ont appelé à la « cessation immédiate de la violence  à l'égard des civils » et ont souligné « l'importance du respect des droits de l'homme et de la protection intégrale des civils, de la reddition des comptes et de la justice ». Ils ont pris note de l'annonce faite par le Conseil militaire de transition d'enquêter sur les incidents.

Depuis la chute d’Omar el-Béchir, les militaires assurent l’intérim. Le 3 juin, les forces soudanaises sont violemment intervenues contre des manifestants qui campaient depuis des semaines dans le centre de la capitale Khartoum pour réclamer le transfert du pouvoir aux civils.

Le Conseil de sécurité a encouragé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à continuer d'appuyer les efforts régionaux et internationaux, en particulier ceux dirigés par l'Union africaine, visant à faciliter et à adopter un processus national de transition dans l'intérêt de la population soudanaise, sans préjudice de futurs accords des parties prenantes soudanaises et « sans ingérence extérieure ».

Les membres du Conseil ont appelé toutes les parties prenantes à poursuivre leurs efforts en vue d'une « solution consensuelle à la crise actuelle ».

Des experts réclament une enquête

De leur côté, des experts des Nations Unies ont exhorté le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à ouvrir une enquête indépendante sur les violations des droits humains contre des manifestants pacifiques depuis le début de l'année au Soudan.

Ces experts de l'ONU ont exprimé leur inquiétude face aux nombreux cas de morts et de blessés enregistrés depuis le 3 juin 2019 à la suite d'un recours excessif à la force et à la violence par les forces de sécurité de l'État, en particulier les forces de soutien rapide, à l'encontre de manifestants pacifiques.

« Nous exhortons les autorités à veiller à ce que les forces de sécurité gèrent les manifestations conformément aux obligations internationales du pays en matière de droits de l'homme et à mener des enquêtes indépendantes et approfondies », ont-ils dit dans un communiqué de presse.

Ces experts de l'ONU sont : Aristide Nononsi, Expert indépendant sur la situation des droits de l'homme au Soudan; Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial sur le droit de réunion et d'association pacifiques; Agnès Callamard, Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires; Michel Forst, Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, et Meskerem Geset Techane, Présidente du Groupe de travail sur la discrimination à l'égard des femmes en droit et dans la pratique.

 

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