Répression au Soudan : l’OMS dénonce les attaques contre les services et le personnel de santé

7 juin 2019

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est déclaré vivement préoccupée vendredi par l’impact récent de la violence au Soudan sur les personnes dans le besoin, les agents de santé et les installations médicales.

L’agence onusienne fait ainsi référence aux « incursions dans les hôpitaux de Khartoum » qui ont entraîné « la fermeture des services d’urgence, le transfert injustifié de patients, des blessures à cinq membres du personnel médical et des patients », sans oublier « les menaces » à l’encontre du personnel soignant.

« Les travailleurs de la santé semblent avoir été ciblés pour s’être acquittés de leurs obligations professionnelles en matière de prise en charge des blessés », a indiqué dans un communiqué le Bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale.

Selon l’OMS, ces actions doivent cesser et représentent une violation totale et inacceptable du droit international des droits de l’homme. « Les soins de santé, en particulier les services d’urgence, doivent être protégés de toute ingérence politique et des opérations de sécurité », a ajouté le Bureau régional de l’OMS.

Des travailleurs de la santé agressés et même des cas de viols signalés

Pour l’agence onusienne, les travailleurs de la santé doivent être autorisés à soigner les blessés et les malades, sans se soucier de leur propre sécurité ou de celle de leurs patients. D’autant que sur le terrain, ces derniers font face à des défis sécuritaires et une menace sur leur vie.

« Des travailleurs de la santé sont agressés » et « des viols de travailleuses de la santé ont également été signalés ». Alors que des cliniques mobiles sous des tentes sanitaires ont été créées pour soigner les manifestants blessés, ces infrastructures ont été incendiées, détruites et du matériel médical pillé.

Malgré cet environnement pesant, l’OMS, conjointement avec le Ministère fédéral de la santé du Soudan, continue de jouer un rôle crucial en veillant à ce que les hôpitaux restent opérationnels et à ce que les médicaments essentiels soient importés dans le pays rapidement.

Neuf camions transportant des fournitures médicales de l’OMS sont d’ailleurs déjà arrivés à Khartoum et dans des États prioritaires pour être distribués dans les hôpitaux et les établissements sanitaires. Mais pour poursuivre ses opérations et venir en aide aux plus vulnérables, l’agence onusienne appelle à « la cessation immédiate de toutes les activités mettant en danger la vie du personnel de santé et des patients et perturbant la prestation des services de santé essentiels ».

« L’OMS continuera à suivre la situation et à dénoncer, le cas échéant, cette situation inacceptable qui non seulement a entraîné des morts et des blessés, mais aussi des attaques contre les professionnels et les structures d’assistance », a insisté l’agence onusienne.

Répression au Soudan : les anciennes milices Janjawid pointées du doigt

De son côté, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit profondément préoccupé par la situation au Soudan. Les services de la Haut-Commissaire Michelle Bachelet ont, une fois encore, appelé les autorités de Khartoum à ouvrir rapidement une enquête indépendante sur l’usage excessif à la force contre des camps de manifestants.

Le Haut-Commissariat s’est inquiété notamment de « l’implication présumée des forces de soutien rapide, parmi lesquelles figurent notamment des membres des anciennes milices Janjawid liés au violations systématiques des droits de l’homme dans la région du Darfour entre 2003 et 2008 ».

« La responsabilité est cruciale pour éviter de nouvelles effusions de sang », a déclaré Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat lors d’une conférence de presse ce vendredi à Genève.

Les services de la Haut-Commissaire Bachelet ont insisté sur « la nécessité d’une transition rapide vers une administration civile ». Ils ont également renouvelé leur proposition pour « le déploiement rapide d’une équipe de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies chargée d’examiner les allégations de violations des droits humains commises depuis le 3 juin 2019 ».

« Nous sollicitons la coopération du gouvernement soudanais pour déployer une telle mission », a ajouté M. Colville.  L’objectif pour les services de la cheffe des droits de l’homme de l’ONU est d’arriver « à la première occasion » à dialoguer avec les autorités soudanaises compétentes et les organisations de la société civile.

 

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