Libye : le HCR évacue en lieu sûr des centaines de réfugiés détenus à Tripoli

25 avril 2019

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a évacué mercredi 325 réfugiés depuis le centre de détention de Qaser Ben Gashir au sud de Tripoli, en Libye, dans un contexte de détérioration de la sécurité et d’escalade des violences.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le transfert s’est déroulé avec le soutien des autorités libyennes, de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) et du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

En effet, une trêve pour motif humanitaire a été coordonnée et facilitée avec toutes les parties au conflit pour permettre le passage en toute sécurité des migrants et des réfugiés.

« Les dangers pour les réfugiés et les migrants à Tripoli n’ont jamais été aussi importants qu’à présent », a déclaré Matthew Brook, chef de mission adjoint du HCR en Libye.

« Il est vital que les réfugiés en danger puissent être libérés et évacués en lieu sûr », a-t-il ajouté.

Les réfugiés ont été transférés au centre de détention d’Azzawya, où ils courent moins de risques d’être pris au piège dans les hostilités. Les personnes les plus vulnérables, dont des femmes et des enfants, sont en cours d’identification et seront conduites au centre du HCR pour le regroupement et le départ.

Près de 3.600 migrants et réfugiés dans des centres de détention proches des combats

Cette relocalisation, menée conjointement avec l’Organisation internationale des migrations (OIM), a été déclenchée après des informations selon lesquelles des détenus qui protestaient contre leurs conditions de détention auraient été soumis à des coups de feu tirés en l’air mardi dernier. « Bien qu’il n’y ait eu aucune blessure par balle, 12 réfugiés ont été blessés et ont dû être hospitalisés », a relevé le HCR.

Ce transfert est le quatrième organisé par le HCR depuis l’escalade récente du conflit en Libye. L’agence onusienne a déjà transféré plus de 825 réfugiés depuis les centres de détention d’Ain Zara, Abu Salim, Sikka, Qaser Ben Gashir, Tajoura et Zintan durant ces deux dernières semaines.

« Les conditions actuelles en Libye en font un endroit dangereux et inadapté pour les réfugiés et les migrants », met en garde le HCR qui réaffirme également « qu’aucun effort ne doit être épargné pour empêcher le retour en Libye des personnes sauvées en mer ».

De façon générale, les organismes humanitaires sont préoccupés par le sort des civils bloqués dans les zones de combat, ainsi que des « migrants, réfugiés et demandeurs d’asile », dont près de « 3.600 se trouvent dans des centres de détention dans certaines zones proches des lignes de front » à Tripoli.

Par ailleurs, le dernier rapport de situation du Bureau de Coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) fait état d’environ 36.000 personnes déplacées depuis le 4 avril dernier, avec le début de l’offensive de l’Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar.

« La majorité des personnes déplacées séjournent chez des familles ou dans des logements privés, tandis que plus de 2.200 personnes déplacées sont actuellement hébergées dans 16 centres collectifs créés par les autorités locales », précise OCHA.

 

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