Etats-Unis : un expert de l’ONU appelle à mettre fin à la détention d’enfants migrants

24 décembre 2018

Un expert des Nations Unies a exprimé lundi sa profonde préoccupation après le décès d'une jeune fille migrante guatémaltèque âgée de sept ans alors qu'elle était détenue par les autorités d'immigration aux États-Unis.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l'homme des migrants, Felipe González Morales, a appelé à une enquête approfondie sur la mort de Jakelin Ameí Caal. Il a également souligné que les États-Unis devraient cesser de détenir des enfants en fonction de leur statut migratoire.

Bien qu'il y ait eu différentes versions de la séquence des événements et de l'état de santé de Jakelin, il ne fait aucun doute que la jeune fille est morte alors qu'elle était sous la détention  du Service américain des douanes et de la protection des frontières, après avoir traversé la frontière entre le Mexique et les États-Unis avec son père et un groupe plus important de migrants.

« Les autorités américaines doivent veiller à ce qu'une enquête approfondie et indépendante soit menée sur le décès de Jakelin Ameí Caal », a déclaré l'expert de l'ONU. « Les membres de sa famille doivent pouvoir accéder à la justice, y compris mais sans s'y limiter, avoir une représentation légale dans la procédure dans une langue qu'ils comprennent bien », a-t-il ajouté.

Selon le Rapporteur spécial, la famille de la jeune fille doit pouvoir obtenir des réparations et si des fonctionnaires sont jugés responsables, ils devraient rendre des comptes. Le gouvernement américain devrait également remédier aux défaillances du système d'immigration, et plus particulièrement du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, afin d'éviter des situations similaires au décès de la jeune fille, a-t-il ajouté.

L’expert des Nations Unies a également appelé les États-Unis à mettre fin à la détention d’enfants, non accompagnés ou avec leurs familles, en fonction de leur statut migratoire, et à rechercher des solutions de substitution à la détention.

« Comme l'ont répété à maintes reprises une série d'organes de défense des droits de l'homme des Nations Unies, la détention d'enfants en raison de leur statut migratoire est une violation du droit international », a déclaré M. González Morales.

Le Rapporteur spécial a rappelé que la détention nuit au bien-être d'un enfant, produit des effets négatifs graves à long terme sur eux et ne peut être prise en compte dans leur intérêt supérieur. Il a ajouté que la détention exacerbe également le traumatisme que beaucoup d'enfants migrants subissent tout au long de leur parcours migratoire et qu’elle ne peut jamais être utilisée pour décourager la migration.

Le traitement réservé aux migrants par les autorités américaines, ainsi que le discours public sur l’immigration aux États-Unis, préoccupent grandement l’expert de l’ONU. Il a récemment contacté les autorités américaines à plusieurs reprises pour évoquer diverses questions et espère engager un dialogue constructif à ce sujet.

M. González Morales a également réitéré sa volonté de se rendre en visite officielle aux États-Unis. Il a déjà demandé à deux reprises une invitation du gouvernement sans réponse à ce jour.

« Effectuer une visite officielle dans le pays me permettrait d'obtenir des informations directes sur la situation des enfants migrants, en particulier sur ceux qui sont en détention », a déclaré l'expert. « Cela me permettrait également de présenter mes recommandations au gouvernement américain afin de respecter ses engagements internationaux de respecter et de protéger les droits humains de tous les migrants ».

 

NOTE :

Les rapporteurs spéciaux font partie de ce que l'on appelle les Procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Les Procédures spéciales - qui rassemblent le plus grand groupe d’experts indépendants du système des droits de l’homme de l’ONU - est l’appellation générale donnée aux mécanismes indépendants d’établissement des faits et de surveillance du Conseil, qui traitent soit de la situation particulière de pays, soit de questions thématiques dans le monde entier. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire. Ils ne font pas partie du personnel des Nations Unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et siègent à titre individuel.

 

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