A la COP 24, le monde du sport mobilisé pour gagner la course contre le changement climatique

12 décembre 2018

A la conférence de l’ONU sur le climat (COP24), les organisations sportives ont rejoint la coalition d’acteurs non-étatiques engagés dans la lutte contre les changements climatiques.

A Katowice, en Pologne, 17 organisations ont lancé mercredi le Cadre d'action climatique dans le sport. En ralliant les athlètes de plusieurs disciplines sportives, leurs équipes et leurs supporters à la cause du climat, l’initiative vise à sensibiliser un large public sur la nécessité d'agir pour le bien-être de la planète.

La COP24 est une conférence de deux semaines réunissant les 197 parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) - ainsi que des activistes, des ONG et des représentants du secteur privé - afin de définir les lignes directrices permettant de mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le climat. Cet accord, conclu en 2015, vise à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Les 17 premiers signataires du Cadre d'action du sport en faveur du climat regroupent des acteurs majeurs tels que le Comité international olympique (CIO), la Fédération internationale de football (FIFA), l’Union des associations européennes de football (UEFA), la Fédération française de tennis organisatrice du tournoi Roland Garros, la Formule E, la Fédération internationale de voile, les Jeux olympiques d'été de 2020 à Tokyo et les Jeux olympiques d'été de 2024 à Paris, la Coupe du monde de rugby à XV de 2021 et la Ligue mondiale du surf.

« Avec son rayonnement mondial, son attrait universel et son pouvoir d'inspirer et d'influencer des millions de personnes à travers le monde, le sport est particulièrement bien placé pour mener l'action climatique et encourager le public à se joindre à nous », a déclaré le Prince Albert II de Monaco lors du lancement du cadre à la COP24.

« Alors que les pays présents à Katowice se préparent à concrétiser leurs engagements pour le climat, nous sommes prêts à capitaliser sur le pouvoir du sport pour soutenir leurs efforts », a souligné le souverain monégasque qui préside au sein du CIO la Commission de la durabilité et du patrimoine.

Photo Secrétariat CCNUCC
Le Prince Albert II de Monaco à la Conférence sur le climat COP24 à Katowice, en Pologne.

Un monde du sport responsable d’importantes émissions de gaz à effet de serre

Déplacements d’athlètes, construction de sites sportifs, logistiques et consommation d'énergie, production d’articles de sports, restauration : de diverses façons, le monde du sport - notamment l’industrie et le commerce qu’il engendre - est responsable d’importantes émissions de gaz à effet de serre. Avec l’initiative lancée en Pologne, le secteur reconnaît la nécessité d’adhérer à un ensemble de principes permettant d’aboutir à une économie sans émissions nettes d’ici 2050.

« Nous reconnaissons qu'il est indispensable que chacun contribue à la mise en œuvre de l'Accord de Paris et accélère les changements nécessaires pour atteindre la neutralité des émissions de gaz à effet de serre dans la seconde moitié du XXIe siècle », a ainsi déclaré la Secrétaire générale de la FIFA, Fatma Samoura.

Le Président de l'UEFA, Aleksander Čeferin, s’est fait l’écho des propos de la responsable du football international. « Le changement climatique est le plus grand défi auquel la planète est confrontée. L'UEFA est fermement convaincue que le football, avec sa conscience environnementale forte et toujours croissante, notamment dans des domaines tels que la gestion d'événements durables, a le devoir de jouer un rôle dans la résolution de ce problème », a-t-il dit.

Il est indispensable que chacun contribue à la mise en œuvre de l'Accord de Paris -  Fatma Samoura, Secrétaire générale de la FIFA

Fruit d’une collaboration entre les représentants de diverses organisations sportives et de l’ONU, le Cadre vise non seulement à réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant des activités sportives, mais aussi à tirer parti de la popularité des sportifs et de la passion des supporters pour accélérer le changement de comportement et galvaniser l'opinion publique.

« Vous savez jouer dans cinq Coupes du monde différentes pour mon pays, c’est quelque chose. Mais à un moment donné, en tant qu'athlète, vous commencez à vous rendre compte de la plate-forme dont vous disposez, et vous voyez le pouvoir d’utiliser votre voix pour une cause », a déclaré à ONU Info l'ancienne gardienne de but de football et ambassadrice de l'UNICEF, Karina LeBlanc.

« Que vous ayez le rayonnement de Cristiano Ronaldo avec 360 millions de fans ou que vous soyez un enseignant qui a une salle de classe pour enfants, il faut commencer la conversation sur la façon dont nous pouvons tous influer sur le changement ... Et l'idée d'être dans une course, avec tout le monde dans la même équipe, je pense que c'est ce qui m'inspire », a expliqué la sportive canadienne.

Certaines initiatives concrètes ont déjà vu le jour. Le CIO, en collaboration avec le secrétariat de la CCNUCC, a publié deux guides : L'essentiel du développement durable : le sport au service du climat et Méthodologie de l'empreinte carbone pour les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques. Deux publications destinées à fournir aux fédérations sportives des orientations essentielles pour l’action en faveur du climat.

Début 2019, les signataires du Cadre d'action climatique dans le sport seront invités à former des groupes de travail pour planifier, poursuivre et améliorer les travaux au titre des 16 principes énoncés dans le cadre.

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