Syrie : l’ONU appelle les pays ayant une influence à faire pression pour éviter une offensive sur Idlib

4 septembre 2018

L’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a encouragé mardi tous les pays ayant une influence sur le conflit en Syrie, en particulier la Russie et la Turquie, à faire pression pour éviter une offensive militaire de grande ampleur à Idlib, le dernier bastion des rebelles dans le nord-ouest du pays.

Faisant directement référence au Président turc Recep Tayyip Erdogan et au Président russe Vladimir Poutine, M. de Mistura a rappelé aux journalistes à Genève que les deux dirigeants s'étaient entretenus de la protection des civils en 2016 après la prise d'Alep par les forces gouvernementales, et il leur a demandé de le faire à nouveau maintenant.

« Vous avez alors été capables de vous parler au téléphone », a-t-il déclaré. « Un appel téléphonique ferait une grande différence avant Téhéran », a-t-il ajouté, en référence à une réunion prévue vendredi dans la capitale iranienne.

Se félicitant de la déclaration du Président américain Donald Trump mettant en garde contre une attaque du gouvernement syrien contre Idlib, M. de Mistura s'est dit convaincu que les dirigeants turc et russe pourraient trouver une « solution douce » au problème si les discussions allaient au-delà des discussions techniques.

« Nous continuons tous à souhaiter, à demander, à espérer qu’on évite la bataille d’Idlib », a déclaré l'Envoyé spécial des Nations unies, notant que la province du nord-ouest avait été touchée mardi par six frappes aériennes.

Selon lui, la nécessité d’assurer la protection de quelque 2,9 millions de civils à Idlib est urgente, alors que l’attaque est prévue le 10 septembre.

« Nous demandons donc plus de temps pour les négociations, notamment entre la Russie et la Turquie, qui sont les principales parties prenantes indirectes », a-t-il déclaré.

Toujours à Genève, le conseiller principal de l’Envoyé spécial, Jan Egeland, a appelé la Russie, la Turquie et l’Iran à donner « espoir » aux habitants d’Idlib, en tant que garants d’un accord visant à empêcher l’escalade des combats.

Les États-Unis, les pays occidentaux et les pays du Golfe devraient également faire tout ce qu'ils peuvent pour que, « pour une fois », les civils soient la priorité, a-t-il déclaré.

Plus tôt dans la journée, M. de Mistura a déclaré que les consultations sur la future Constitution de Syrie prévues à Genève les 10 et 11 septembre pourraient « relancer ou donner une chance de relancer un processus politique crédible » pour mettre fin à des années de combat.

L’objectif des consultations - avec la Turquie, la Russie et l’Iran - reste conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies : la création d’un avenir « inclusif, dirigé par les Syriens et appartenant à la Syrie », a-t-il souligné.

 

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