L’ONU appelle Israël à ne pas démolir les bâtiments d’une communauté de Bédouins en Cisjordanie

3 juillet 2018

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a appelé mardi les autorités israéliennes à ne pas démolir les bâtiments d’une communauté de Bédouins palestiniens en Cisjordanie comme cela est prévu dans les prochains jours.

« Nous sommes profondément préoccupés par les informations selon lesquelles la communauté bédouine palestinienne de Khan al Ahmar-Abu al-Helu devrait être démolie par les autorités israéliennes dans les jours à venir », a dit une porte-parole du HCDH, Liz Throssell, lors d’un point de presse à Genève. « Nous appelons les autorités israéliennes à ne pas procéder à la démolition de Khan al Ahmar-Abu al Helu, à respecter le droit des résidents à rester sur leurs terres et à faire régulariser leur statut ».

La communauté compte 181 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants. C’est l'une des 46 communautés bédouines du centre de la Cisjordanie que les Nations Unies considèrent comme présentant un risque élevé de transfert forcé.

Pendant plus d'une décennie, les habitants de la communauté de Khan al Ahmar, située près de grandes colonies israéliennes, ont résisté aux efforts visant à les déplacer pour faire place à l'expansion des colonies, a précisé le HCDH. Les voies de recours légales ont pris fin le 24 mai 2018 lorsque la Haute Cour israélienne a statué qu'il n'y avait aucune raison de retarder la mise en œuvre des ordres de démolition des bâtiments de la communauté, y compris une école. Les ordres de démolition ont été initialement émis au motif que toutes les structures avaient été construites illégalement.

« Comme l'ont réitéré le Secrétaire général et le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale, le régime de planification adopté par Israël dans cette zone, la zone C, est discriminatoire et incompatible avec les exigences du droit international. Toute démolition entreprise dans ce contexte équivaudrait à des expulsions forcées et à une violation du droit au logement des individus vivant dans cette communauté », a déclaré Mme Throssell.

« De plus, le droit international humanitaire interdit la destruction ou la confiscation de biens privés par la puissance occupante », a-t-elle ajouté. « La démolition de Khan al Ahmar augmenterait considérablement l'environnement coercitif dans lequel la communauté vit. Il y a aussi une grave préoccupation que si la démolition devait se poursuivre, la communauté pourrait finalement être transférée de force par la puissance occupante. Le droit international humanitaire interdit le transfert forcé de la population d'un territoire occupé, quel qu'en soit le motif. Un tel transfert constituerait une violation grave de la quatrième Convention de Genève ».

Le transfert forcé ne nécessite pas nécessairement l'utilisation de la force physique par les autorités. Cela peut se produire lorsque des individus ou des communautés n'ont pas d'autre choix que de partir. Tout transfert sans le consentement authentique et pleinement éclairé des personnes concernées est considéré comme une violation de la loi.

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