Le VIH/sida reste un énorme défi et il ne faut pas baisser la garde (ONU)

12 juin 2018

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, et le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, se sont félicités mardi des progrès réalisés dans la bataille pour éliminer le VIH/sida mais ont prévenu qu’il ne fallait pas baisser la garde.

« Le virus a toujours un impact destructeur et meurtrier sur beaucoup de gens dans le monde », a prévenu M. Lajčák lors du débat annuel de l’Assemblée générale consacré au VIH/sida.

En 2016, un million de personnes ont perdu la vie à cause de maladies liées au sida et les nouveaux médicaments et traitements ne sont pas disponibles pour tous. Seulement 53% des gens ont accès aux antirétroviraux, a-t-il souligné. 

M. Lajčák a donc souhaité que l’on saisisse l’occasion de ce débat pour explorer les moyens d’agir davantage. Il a rappelé la convocation de la toute première réunion de haut niveau sur la tuberculose le 26 septembre prochain. Les personnes infectées par le VIH/sida ont 20 à 30 fois de plus de chances de contracter la tuberculose, a-t-il souligné.

Toujours en septembre, l’Assemblée générale tiendra sa troisième réunion de haut niveau sur les maladies non-transmissibles, auxquelles les personnes vivant avec le VIH/sida sont particulièrement vulnérables.

Il est donc plus urgent que jamais, a souligné le Président de l’Assemblée générale, d’avoir « une approche plus intégrée ». « Nous devons profiter de toutes les manifestations et de toutes les plateformes pour faire avancer l’objectif d’éradiquer le VIH/sida d’ici 2030 », a-t-il dit.

Enfin, Miroslav Lajčák a rappelé que tout le monde n’a pas les mêmes risques de contracter le VIH et tout le monde n’a pas la même chance de survivre. « Nous ne devons laisser personne sur le côté », a-t-il dit, en prônant l’accès universel à la santé.

Des progrès inégaux et fragiles

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a aussi mis l’accent sur le fait que les progrès sont « inégaux » et restent « fragiles ».

« Sur tous les continents, les populations à risques sont de plus en plus laissées sur le côté. Les jeunes femmes sont de manière inacceptable particulièrement vulnérables là où la prévalence est élevée. Nous devons autonomiser les jeunes pour qu’ils puissent se protéger eux-mêmes du VIH », a-t-il dit. Selon lui, cela comprend, les droits et services de santé sexuelle, la protection des consommateurs de drogues et l’accès aux traitements antirétroviraux pour les jeunes vivant avec le VIH. 

La prévention est la clef pour briser le cycle de la transmission du VIH, a rappelé M. Guterres.

Les efforts pour mettre fin au VIH sont liés à d’autres questions comme le paludisme, la tuberculose, l’accès aux médicaments et la menace croissante de la résistance antimicrobienne. « Pour réussir il faut que l’on renforce les liens entre ces questions et que l’on crée des systèmes de santé résilients et durables, ancrés dans les principes des droits de l’homme et de l’égalité », a-t-il souligné. 

« En ce moment critique, nous devons renouveler notre engagement à créer un monde débarrassé du sida. La pandémie n’est pas vaincue », a conclu le Secrétaire général.

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