Le Conseil de sécurité discute des défis rencontrés par les opérations de paix

9 mai 2018

Le Conseil de sécurité a discuté mercredi des opérations de maintien de la paix et des défis auxquelles elles sont confrontées, avec des exposés de trois commandants de forces onusiennes déployées au Mali, au Soudan du Sud et au Darfour.

Au début de cette réunion, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a remercié les commandants pour leur dévouement et leur contribution à l’exécution des mandats et pour « leur coopération étroite, qui nous permet de mettre en œuvre sur le terrain nos plans d’action et de réduire le nombre de décès de Casques bleus ».  

Le général Jean-Paul Deconinck, commandant de la force de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), a estimé que la MINUSMA devait s’adapter au changement de l’environnement sécuritaire et opérationnel pour pouvoir aider le peuple et le gouvernement du Mali et exécuter le mandat qu’elle tient de la résolution 2295.

C’est dans ce sens, que l’on parle de « maintien de la paix robuste », a dit le général, qui a appelé à un autre état d’esprit : une force exige de ses dirigeants de bonnes connaissances, de bonnes compétences et de la bonne expérience, et surtout qu’ils soient prêts à assumer leurs responsabilités. Nous devons aussi décentraliser certains processus de prise de décision, a-t-il ajouté.

Dans un conflit complexe, les commandants doivent pouvoir être appuyés par des spécialistes du renseignement mais aussi par des Casques bleus bien formés, a plaidé le général Deconninck, en appuyant l’idée d’équipes mobiles de formation dans les pays contributeurs de troupes. Le général a aussi parlé de la qualité du matériel médical, jugeant, dans ce contexte, trop restrictives les procédures de l’ONU pour les évacuations médicales.

Le général a conclu en soulignant qu’on ne saurait surestimer la valeur ajoutée qu’apportent les missions multidimensionnelles et intégrées. Pour lui, la Mission au Mali doit aussi inclure la dimension régionale pour traiter de la crise dans toute sa dimension, à savoir dans tous les pays de la région du Sahel.

De son côté, le général de corps d’armée Frank Mushyo Kamanzi, commandant de la force de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), a expliqué via vidéoconférence de Juba, que la protection des civils restait la tâche prioritaire et que la Mission continuait de protéger plus de 209.000 personnes déplacées.

Les conditions sur le terrain et le climat au Soudan du Sud sont particulièrement exigeants, a souligné le général Kamanzi. Pendant la saison des pluies, de mai à octobre, la plupart des routes sont impraticables. En conséquence, les forces doivent être dispersées pour maximiser la capacité de la Mission à appuyer les acteurs humanitaires, a-t-il précisé.

Il a dit avoir profité de l’arrivée récente des premiers éléments de la Force de protection régionale pour renforcer les bases opérationnelles de Yambio et Tori et établir une nouvelle base à Yei dans le sud du pays.

En outre, a poursuivi le général, dans l’exécution de son mandat, la MINUSS fait face à des obstructions, des refus d’accès et des violations de l’accord sur le statut des forces. Il a jugé vital de maintenir une relation avec à la fois le gouvernement et les groupes d’opposition, « tout en réalisant que toutes les parties sont responsables des violations de l’accord de cessation des hostilités, des destructions et des atrocités perpétrées contre des civils ».

Nous continuons d’améliorer la sécurité et la performance des Casques bleus, a assuré M. Kamanzi, en révisant notamment les procédures d’évacuation aérienne et en créant une équipe consultative sur la protection de la Force.

 

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