Toxicomanie : les actions de prévention doivent être accompagnées de traitements adaptés (OICS)

1 mars 2018

L’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) a appelé jeudi les gouvernements à investir davantage dans le traitement et la réadaptation des usagers de drogue plutôt que de se concentrer uniquement sur la prévention.

Dans son rapport annuel pour 2017 présenté jeudi, l’OICS rappelle que la grande majorité des usagers de drogue n’ont pas accès aux services de traitement de la toxicomanie. Les besoins en matière de traitement et de réadaptation dépassent largement la disponibilité des services correspondants.

« A l’échelle mondiale, seule une personne sur six parmi celles qui ont besoin d’une prise en charge a accès à des programmes de traitement de la toxicomanie », précise le rapport. « Même lorsqu’un traitement est disponible, il est souvent de piètre qualité et peut ne pas être dispensé conformément aux normes internationales ».

L’OICS souligne que la réduction de la demande de drogues implique deux approches distinctes qui se recoupent : la première consiste à empêcher que les gens commencent à prendre des drogues, et la seconde à traiter et réadapter les personnes souffrant de troubles liés à l’usage de drogues.

Dans ce contexte, l’OICS engage les Etats à intégrer la prévention d’une part, et le traitement et à la réadaptation d’autre part, dans leurs stratégies de lutte contre l’abus de drogues.

Traitement de la toxicomanie : un « droit à la santé »

L’OICS souligne par ailleurs que l’accès au traitement de la toxicomanie doit être considéré comme un élément du droit à la santé.

« Il est indispensable que les gouvernements protègent et promeuvent les droits de toutes les personnes souffrant de troubles liés à l’usage de drogues », a déclaré le Président de l’OICS, Viroj Sumyai, dans un communiqué présentant le rapport de son organisme. « Au titre des conventions internationales relatives au contrôle des drogues, tous les États sont tenus de prendre toutes les mesures possibles pour prévenir l’abus de substances et pour assurer le prompt dépistage, le traitement, l’éducation, la postcure, la réadaptation et la réinsertion sociale des personnes intéressées », a-t-il ajouté.

Partout dans le monde, les personnes qui se droguent sont victimes de stigmatisation. Cette dernière compromet gravement les possibilités qui s’offrent à ces personnes et leur accès au traitement, mais influe également sur leurs perspectives de réinsertion sociale.

Les efforts demandés aux gouvernements doivent comporter une attention spéciale à certaines catégories de population, a souligné l’OICS. L’organisme note que divers groupes de personnes, dont les femmes ou les personnes socialement marginalisées, comme les migrants et les réfugiés, n’ont bien souvent pas accès à des services de traitement qui tiennent compte de leurs besoins particuliers.

En Afrique, l’usage et le trafic de drogues augmentent

Tandis que l’Afrique demeure une région de transit essentielle pour le trafic de drogues, la consommation de divers types de substances, dont la cocaïne, les opioïdes, les stimulants de type amphétamine, le tramadol et les nouvelles substances psychoactives qui font leur apparition, est en augmentation.

La production illicite, le trafic et l’abus de cannabis en Afrique constituent d’importants sujets de préoccupation. Si la culture illicite de la plante de cannabis concerne toutes les sous-régions du continent, la production illicite de résine de cannabis demeure limitée à quelques pays d’Afrique du Nord.

L’Afrique occupe une place de plus en plus grande en tant que région de transit pour la cocaïne. Alors que les années précédentes, les pays d’Afrique de l’Ouest jouaient un rôle décisif dans le trafic de cette substance, les pays d’Afrique du Nord servent de plus en plus au transit de la cocaïne en provenance d’Amérique du Sud et à destination surtout de l’Europe. La cocaïne parvient en Afrique directement d’Amérique du Sud ou en passant par le Sahel et l’Afrique de l’Ouest ou, dans une moindre mesure, par l’Europe. Les opiacés en provenance d’Afghanistan sont acheminés en Afrique avant de rejoindre l’Europe, l’Amérique du Nord et d’autres régions.

Plusieurs pays d’Afrique ont amélioré leurs services de traitement de la toxicomanie. Toutefois, dans la plupart des pays, les systèmes de santé n’ont pas les ressources et les capacités nécessaires pour déterminer l’ampleur du problème et les modes de consommation ou pour assurer des services de prévention et de traitement adéquats.

 

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