Syrie : le Conseil de sécurité et le Secrétaire général condamnent les tueries de Houla

Convoi de l'ONU en Syrie.
MISNUS
Convoi de l'ONU en Syrie.

Syrie : le Conseil de sécurité et le Secrétaire général condamnent les tueries de Houla

Réuni d'urgence dimanche, le Conseil de sécurité a joint sa voix à celle du Secrétaire général pour condamner le massacre de civils perpétré dans le village syrien de Houla.

Lors de consultations à huis clos, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, et le Chef de la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS), le général Robert Mood – qui s'est exprimé par visioconférence –, ont informé les membres du Conseil que les tueries, commises les 25 et 26 mai à Houla, avaient fait 108 victimes, dont une trentaine d'enfants.

Samedi, des observateurs de l'ONU se sont rendus dans cette localité située près de Homs et confirmé ce bilan, qui comprend également des centaines de blessés. L'examen de munitions y a confirmé des tirs d'artillerie et d'obus.

Dans une lettre adressée au Conseil, Ban Ki-moon indique que, « si les circonstances exactes des évènements ne sont pas encore connues, nous pouvons confirmer que des tirs d'artillerie et de mortier ont été effectués. D'autres formes de violence sont également à déplorer, notamment des tirs à bout portant et de graves violences physiques. »

Dans une déclaration faite à la presse à l'issue des consultations, les membres du Conseil ont condamné les tueries dans les termes les plus vigoureux possibles, ainsi que les meurtres de civils abattus à bout portant et les graves brutalités physiques. Ils ont demandé que le Gouvernement syrien cesse immédiatement de recourir aux armes lourdes dans les centres de population et retire ses troupes et armes lourdes.

Les membres du Conseil ont par ailleurs demandé au Secrétaire général de continuer à enquêter, avec le concours de la MISNUS, sur les attaques perpétrées à Houla et de lui présenter ses conclusions.

Hier, dans une déclaration conjointe faite avec l'Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la crise en Syrie, Kofi Annan, Ban Ki-moon a condamné dans les termes les plus vifs ce « crime odieux et brutal impliquant un recours indiscriminé et disproportionné de la force ». Les deux hommes ont demandé que les responsables de ce crime répondent de leurs actes.

Le Président de l'Assemblée générale, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, a de son côté affirmé que ces tueries « choquantes » constituent une violation flagrante du droit international et des engagements du Gouvernement syrien à cesser l'usage d'armes lourdes dans les centres à forte population.

Les Nations estiment à plus de 9.000 le nombre de civils tués en Syrie et à des dizaines de milliers celui des déplacés depuis le début du soulèvement contre le régime du Président Bachar Al-Assad il y a environ 14 mois.