Syrie : l'ONU très préoccupée par la nouvelle escalade de violence

Le Secrétaire général Ban Ki-moon. Photo ONU/Mark Garten
Le Secrétaire général Ban Ki-moon. Photo ONU/Mark Garten

Syrie : l'ONU très préoccupée par la nouvelle escalade de violence

Le Secrétaire général Ban Ki-moon s'est dit très inquiet de la nouvelle escalade de violence en Syrie. Il a recommandé le déploiement d'une Mission de supervision de l'ONU comptant 300 observateurs militaires.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est déclaré jeudi très préoccupé par la nouvelle escalade de violence observée ces derniers jours en Syrie, malgré la cessation des hostilités officiellement entrée en vigueur le 12 avril, et a indiqué qu’il avait recommandé le déploiement d’une Mission de supervision de l’ONU comptant 300 observateurs militaires.

« En Syrie, la situation reste très précaire. Malgré l’accord du gouvernement de cesser toutes les violences, nous continuons à voir des preuves très inquiétantes que ces violences continuent. Ces derniers jours en particulier, des informations font état d’une nouvelle escalade de violence, notamment le bombardement de zones civiles, des violations graves par les forces gouvernementales et des attaques par des groupes armés », a dit M. Ban lors d’un point de presse à New York.

Mercredi soir, le Secrétaire général a fourni au Conseil de sécurité une évaluation des derniers développements en Syrie et du déploiement de l’équipe avancée de 30 observateurs militaires de l’ONU, qui a commencé à arriver en Syrie dimanche soir.

« J’ai recommandé que le Conseil de sécurité approuve le déploiement d’une Mission de supervision des Nations Unies en Syrie comptant 300 observateurs militaires assistés par une composante civile », a dit le Secrétaire général. « J’attends du Conseil qu’il agisse rapidement. »

Selon Ban Ki-moon, il ne s’agit pas d’une décision sans risque. « Mais je pense que cela peut contribuer à obtenir une paix juste et un règlement politique, reflétant la volonté du peuple en Syrie », a-t-il dit. Il a estimé qu’une Mission de supervision de l’ONU permettrait d’obtenir une cessation de la violence armée sous toutes ses formes et de préparer le terrain pour la mise en œuvre dans sa totalité du plan en six points de l’Envoyé spécial Kofi Annan.

« Pour que la Mission réussisse, nous demandons au gouvernement syrien une pleine coopération, notamment en garantissant la complète liberté de mouvement, l’accès sans entrave, et la sécurité du personnel ainsi que l’usage de moyens de transport tels que des hélicoptères », a déclaré le Secrétaire général.

Jeudi matin, un haut responsable du maintien de la paix de l’ONU et un des adjoints de M. Annan ont fait un exposé devant le Conseil de sécurité sur la Syrie. S’exprimant devant les médias à la suite de ces exposés, Susan Rice, la Représentante permanente des Etats-Unis, qui occupent la Présidence tournante du Conseil en avril, a indiqué que « les membres du Conseil étaient unanimement préoccupés par l’escalade de violence en Syrie par le gouvernement syrien, et que le Conseil discutait les prochaines mesures à prendre. »

Samedi, le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement d’une équipe avancée de 30 observateurs militaires non armés pour commencer à surveiller la mise en œuvre de la cessation de la violence armée, avant le déploiement d’une Mission de supervision des Nations Unies.

Les Nations Unies et le gouvernement syrien ont conclu jeudi un accord fixant les modalités de fonctionnement de l’équipe avancée d’observateurs de l’ONU déployée en Syrie pour surveiller la cessation des hostilités, a annoncé le porte-parole de l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des Etats arabes pour la Syrie.

« Cet accord détaille les fonctions des observateurs dans le cadre de leur mandat en Syrie et les tâches et responsabilités du gouvernement syrien à cet égard. Le Bureau de l’Envoyé spécial conjoint a également des discussions similaires avec les représentants de l’opposition sur les tâches et les responsabilités des groupes armés d’opposition », a dit ce porte-parole, Ahmad Fawzi, dans une déclaration à la presse.

Cet accord doit également servir de base au Protocole sur les modalités de fonctionnement de la future Mission de supervision des Nations Unies en Syrie.

« Il est crucial que l’équipe d’observateurs soit efficace sur le terrain si l’on veut que la vie des familles syriennes ordinaires redevienne normale », a-t-il ajouté. « C’est pourquoi, l’Envoyé spécial conjoint Kofi Annan a fait de la cessation de la violence sous toutes ses formes par toutes les parties dans le cadre d’un mécanisme de supervision de l’ONU, la première étape essentielle de son plan pour ramener la paix en Syrie, un plan qui a un très large soutien de la communauté internationale. »

Selon le porte-parole de M. Annan, le plus dur reste à venir, c’est-à-dire un dialogue politique mené par les Syriens pour répondre aux préoccupations et aspirations légitimes du peuple syrien.

Ban Ki-moon a également insisté sur la situation humanitaire difficile en Syrie, alors qu’environ 230.000 personnes ont été déplacées et qu’un million de personnes ont besoin d’aide.

« Malgré les assurances du gouvernement, il n’y a pas eu de progrès significatifs sur le terrain », a-t-il dit. « Ceci est inacceptable. J’appelle les autorités syriennes à reconnaître l’urgence de la situation et à permettre aux agences de l’ONU et aux organisations internationales de secours d’organiser une opération humanitaire sur le terrain pour aider ces gens dans le besoin. »