Responsabilité de protéger : l'ONU note l'importance des arrangements régionaux

Responsabilité de protéger : l'ONU note l'importance des arrangements régionaux

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Après avoir accepté dans la Déclaration de 2005 la responsabilité de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l'humanité, les États Membres des Nations Unies ont reconnu mardi le rôle important des accords régionaux et sous-régionaux dans la mise en œuvre de ce principe, au cours du troisième dialogue interactif informel organisé par l'Assemblée générale de l'ONU sur ce thème depuis 2009.

Onze ans après le génocide au Rwanda et 10 ans après les massacres de Srebrenica, l'adoption du Document final du Sommet mondial de 2005, et en particulier, de ses paragraphes 138 et 139, a été un « moment fort » de l'histoire des Nations Unies, a rappelé Joseph Deiss, Président de la soixante-cinquième session de l'Assemblée générale, qui est intervenu avant le Secrétaire général de l'ONU.

Dans son rapport de 2009 sur « La responsabilité de protéger », le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, souligne que la responsabilité de protéger s'articule sur trois piliers : la responsabilité première de l'État en matière de protection; l'assistance internationale et le renforcement des capacités; et une réaction résolue et en temps voulu.

Aujourd'hui, les organisations régionales apparaissent comme des partenaires clefs dans l'exercice de cette responsabilité, du fait qu'elles sont plus proches des évènements et ont une meilleure compréhension des contextes. Leur rôle se situe, en particulier, dans le domaine de la prévention.

Les organisations régionales et sous-régionales jouent aussi un rôle important dans la mise en œuvre du troisième pilier –la réaction résolue et en temps voulu-, a estimé M. Deiss, citant la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Ligue des États arabes qui ont eu récemment un rôle moteur pour lancer une action internationale en Côte d'Ivoire et en Libye.

En ce qui concerne les mesures prises par le système de l'ONU, beaucoup ont salué la création récente du Bureau conjoint pour la prévention des génocides et la responsabilité de protéger.

Des Etats membres ont toutefois fait part de leur crainte d'un risque de manipulation du principe, et notamment la question de savoir qui décide qui doit être protégé et comment.

« Personne n'a le monopole de la vertu, du recul ou du jugement », a reconnu le Secrétaire général Ban Ki-moon, appelant à continuer de répondre aux préoccupations légitimes quant à toute mauvaise interprétation du concept qui irait au-delà de ce qui a été convenu en 2005.

Mais « on ne peut attendre que la théorie soit perfectionnée pour commencer à répondre aux situations urgentes dans le monde », a fait valoir son Conseiller spécial, Edward Luck, qui a jugé important de prouver qu'une alternative multilatérale existe et de montrer que les Nations Unies, aux côtés des partenaires régionaux et sous-régionaux, peuvent protéger les civils.