La situation humanitaire au Tchad encore fragile, selon Valerie Amos

La situation humanitaire au Tchad encore fragile, selon Valerie Amos

Des réfugiés au Tchad.
La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, s'est exprimée devant le Conseil de sécurité, vendredi, afin de présenter la situation humanitaire au Tchad. Valérie Amos a salué les progrès du pays, mais elle a souligné que la situation humanitaire restait fragile et faisait l'objet d'inquiétudes.

Valerie Amos estime que, jusqu'ici, « le retrait de la MINURCAT ne parait pas avoir affecté la situation sécuritaire dans l'Est du Tchad ». Elle a rappelé que le gouvernement du Tchad avait repris l'opération de la MINURCAT nommée « Détachement intégré de sécurité » (DIS) en décembre 2010, « pour assurer la sécurité dans et autour des camps de réfugiés et de personnes déplacées, et pour les opérations humanitaires ».

« Il n'y a pas eu d'affrontements armés reportés dans l'Est du Tchad depuis avril 2010 », a-t-elle souligné.

La chef des affaires humanitaires de l'ONU a résumé le rapport sur la protection des civils au Tchad en se concentrant sur quatre points : la situation sécuritaire générale, les progrès du système d'évaluation et de suivi de la situation, la cession des activités de protection des civils de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) aux agences des Nations Unies dans le pays et le besoin de passer d'un programme d'urgence à la relance du pays.

Cependant, elle a appelé le Conseil de sécurité à rester vigilant sur la situation dans le pays, en raison des groupes armés de l'opposition tchadienne qui « continuent de représenter une menace potentielle ». Mais aussi à cause des troubles dans des pays proches, Soudan, République démocratique du Congo (RDC) et Libye, « qui se font sentir aussi au Tchad ».

Sur l'évaluation et le suivi de la situation –le retour des personnes déplacées, la démilitarisation des camps de refugiés et la capacité des autorités tchadiennes à protéger les civils et les travailleurs humanitaires- : « il y a eu des progrès constants mais il faut faire plus », a déclaré Mme Amos.

« Le gouvernement tchadien, avec l'aide des Nations Unies, doit mettre en place une stratégie avec des solutions durables viables, couplé avec un plan opérationnel qui met à disposition des ressources financières et humaines pour faciliter le retour et la réintégration des personnes déplacées. »

Valerie Amos a regretté qu'il soit impossible de fournir une analyse complète sur la situation des civils, expliquant que le départ de la MINURCAT a eu pour principal effet de réduire la capacité de l'ONU à surveiller et documenter les attaques contre la population civile.

« Il est vital que la présence onusienne au Tchad renforce sa capacité à surveiller les atteintes aux droits de l'homme », a-t-elle déclaré.

Faisant le point sur le retrait de la MINURCAT, elle a rappelé l'importance du Forum humanitaire, consistant en des rencontres entre les Nations Unies et le gouvernement tchadien « un mécanisme clé par lequel l'ONU continue à s'engager aux côtés du gouvernement du Tchad pour la protection des civils ».

Valérie Amos a également souligné que le Détachement intégré de sécurité a toujours été pensé comme une solution temporaire, « nous devons donc maintenant réfléchir à un processus de réforme du secteur de la sécurité plus complet au Tchad. »

La chef des affaires humanitaires de l'ONU a conclu en soulignant que « la situation humanitaire au Tchad restait l'objet de sérieuses inquiétudes ». « 2,5 millions de personnes sur une population totale de 11 millions ont besoin d'assistance dans le pays. 80 organisations humanitaires continuent de fournir une assistance à des milliers de Tchadiens chaque jour. Il est vital que nous fassions une transition de l'aide d'urgence vers la relance durable du pays. Le chemin du développement économique soutenu, à long terme, est le meilleur moyen de sortir du cycle de la violence armée », a-t-elle précisé.

« Si je reste d'abord concentré sur la situation humanitaire au Tchad, nous devons réfléchir sur le long terme afin de trouver une issue à cette crise chronique. »

La Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad a procédé en décembre à la remise officielle de ses programmes au gouvernement et aux agences du système des Nations Unies. Créée le 25 septembre 2007 par la résolution 1778 du Conseil de sécurité, la MINURCAT avait pour mandat de protéger les civils et de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire aux dizaines de milliers de réfugiés venus du Soudan, dans l'est du Tchad.