Les morts dues au paludisme peuvent être éradiquées, selon l'ONU

Les morts dues au paludisme peuvent être éradiquées, selon l'ONU

Une femme et son nouveau né se reposent sous une moustiquaire qui protège contre le paludisme.
Les efforts visant à lutter contre le paludisme en Afrique portent leurs fruits alors que 11 pays où la maladie est endémique font état d'une baisse de 50% de la mortalité à la suite d'une initiative mondiale pour combattre la maladie, a déclaré lundi l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le paludisme, Ray Chambers, appelant à des efforts soutenus pour mettre fin à la mortalité due à cette maladie.

« Notre objectif est de parvenir à près de zéro décès dus au paludisme d'ici à 2015 », a déclaré M. Chambers lors d'une conférence de presse au siège des Nations Unies à l'occasion de la Journée mondiale contre le paludisme. « Il y a beaucoup de travail à faire, de nombreux obstacles, mais nous sommes confiants sur le fait que nous pouvons atteindre cet objectif ».

Le paludisme, qui est causé par un parasite transmis aux humains par la piqûre de moustiques infectés, tue près de 800.000 personnes à travers le monde chaque année avec la plupart des décès survenant en Afrique.

Le Partenariat « Faire reculer le paludisme », auquel font partie les services de M. Chambers, soutient une campagne destinée à fournir des moustiquaires imprégnées d'insecticide à toutes les personnes qui vivent dans les pays où le paludisme est endémique, ainsi qu'à rendre disponibles des traitements efficaces. Près de 5 milliards de dollars ont été investis dans cette campagne contre le paludisme en Afrique sub-saharienne au cours des dernières années.

Selon une déclaration conjointe du Partenariat et des services de Ray Chambers, plus de 300 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide ont été distribuées en Afrique, et 75 millions de personnes bénéficient de la pulvérisation à domicile. L'accès à des diagnostics et des traitements efficaces ont permis de sauver près de 750.000 vies au cours des dix dernières années.

« Pour cette Journée mondiale de la lutte contre le paludisme, il y a beaucoup à célébrer cette année », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans un communiqué. « Depuis 2008, plus de 600 millions d'Africains ont été épargnés de terribles souffrances ».

« Pourtant, on estime que 781.000 personnes, la plupart d'entre elles de jeunes enfants, meurent encore chaque année de cette maladie évitable et curable. Pour atteindre notre objectif de près de zéro décès dus au paludisme d'ici à 2015, nous avons besoin d'une intensification extraordinaire de nos efforts », a ajouté Ban Ki-moon.

La Directrice exécutive du Partenariat « Faire reculer le paludisme », Awa Marie Coll-Seck, a souligné que l'impact de la campagne contre le paludisme était visible, donnant l'exemple de son propre pays, le Sénégal. « Quand je reviens aujourd'hui dans ce pays, ce que je vois dans les hôpitaux, ce sont souvent des lits vides. C'est un changement incroyable », a-t-elle dit.

« Mais nous devons savoir que tous ces gains sont très fragiles et nous devons poursuivre nos efforts », a-t-elle ajouté lors de la conférence de presse.

Pour sa part, la Vice-Secrétaire générale de l'ONU, Asha-Rose Migiro, a salué la contribution du secteur privé à la lutte contre le paludisme.

« Vous êtes engagés et déterminés à alléger le fardeau insoutenable que fait peser cette maladie sur des millions de personnes, en particulier sur le continent africain, en raison de votre sens de la citoyenneté mondiale », a dit Mme Migiro lors d'un petit déjeuner avec des partenaires du secteur privé.